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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 08:26

Dans le cadre très conflictuel du régime national-socialisme régnant, le 20 juillet 1933 le nonce apostolique Eugenio Pacelli signe, à Rome, le Concordat avec le vice-chancellier allemand Von Papen.

 

Voici un bien triste anniversaire pour un traité qui, quatre-une années après, reste toujours en application. Rappelons également que ce même nonce deviendra pape en 1939, sous l'appelation de Pie XII. L'attitude de ce pape avant puis pendant la guerre, ses "silences", marqueront définitivement ce sinistre personnage.

 

Le Canard enchaîné du 16 juillet 2014.

20 juillet 1933 : signature du Concordat
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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 09:12

 

Avec ce cassage en règle des deux premiers jugements, la cour de Cassation donne raison à la salariée, nouvelle croisée de la religion.


creche-baby-loup.jpg 

Ce 19 mars 2013 restera une sale journée pour la laïcité institutionnelle et la vrèche de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines). Elle s'est transformée en victoire :

  • pour toutes les religions qui fleurissent dans le paysage ;

  • pour tous les syndicalistes qui tolèrent la construction de lieux de prière dans les entreprises privées ;

  • pour tous les partenaires sociaux qui n'ont pas su, n'ont pas voulu laïciser jusqu'à présent le Code du travail.

 

Souhaitons que cette victoire ne reste que temporaire. Un très court répit dans ce combat pour que cette liberté essentielle de croire ou de ne pas croire soit définitivement remisée dans la sphère individuelle et privée. A l'issue du délibéré, si un certain nombre de laïques - dont des journalistes - ont manifesté leur déception, le camp religieux quant à lui, musulman en particulier, envisage une mobilisation pour qu'aucune loi ne soit votée sur l'application éventuelle de la laïcité dans le secteur de la petite enfance.

 

C'est dire combien l'enjeu est clair. Il importe que tous les citoyens et toutes les forces vives et institutionnelles se sentent mobilisés pour que cette victoire s'inverse et que cette décision de justice ne devienne qu'une malheureuse et brève péripétie dans ce combat pour la liberté de penser.

 

Signalons la pétition "loi anti-nounous" et, avec Fanny Truchelut, nous vous invitons à la signer en cliquant sur ce lien.

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 20:34

Le 25 octobre 1806, à Bayreuth, naissait Johann Kaspar Schmidt, dit Max Stirner.

 

Stirner fut fortement influencé par la pensée hégélienne. D'ailleurs, il suivra les cours du maître. Membre des jeunes hégéliens, il participe au groupe des "Affranchis" avec notamment : Ruge, Bauer, Marx et Engels. Mais très vite, son évolution intellectuelle lui offre l'occasion d'une remise en cause de ses amis et, plus généralement, de ce système de pensée.

 

25.10-Stirner.jpegEn 1845, il publie son magistral et radical ouvrage L'unique et la propriété, véritable bombe idéologique qui le démarque définitivement de ses anciens amis et le positionne comme le penseur de l'individualisme anarchiste. Marx et Engels, dans L'idéologie allemande entendent mettre en pièce la théorie stirnérienne. Selon eux, il est temps de quitter la spéculation philosophique au profit du matérialisme historique. Or, malheureusement pour eux, on constate depuis maintenant pas mal d'années, la grande défaite de la praxis au profit de la revalorisation de l'individu. L'apport philosophique de Stirner reste fondamental. C'est au travers de cette logique d'inspiration qu'est né, très probablement, le "surhomme" nietzschen et c'est sans doute elle qui a guidé les premiers pas de l'existentialisme ainsi que les grands courants de pensée et de création artistique du XXe siècle se revendiquant de la liberté de pensée.

 

Parce qu'il affirme le premier la mort de Dieu, parce qu'il rejette les idéologies qui s'appuient toutes sur des superstitions, parce qu'il remet en cause les grandes théories finissant en "isme", à tort L'unique est considéré comme une oeuvre essentiellement nihiliste. Je ne peux donc que vous inviter à lire son ouvrage qui se termine par ce constat terrible : "Si je base ma cause sur Moi, l'Unique, elle repose sur son créateur éphémère et périssable qui se dévore lui-même, et je puis dire : Je n'ai basé ma cause sur Rien".

 

Après avoir perdu son emploi de professeur dans une école privée, Max Stirner termine sa vie dans la misère ...et disparaît à l'âge de cinquante ans (1856).

 

"… Je ne suis ni Dieu ni Homme, je ne suis ni l'essence suprême ni mon essence,

et c'est au fond tout un que je conçoive l'essence en moi et hors de moi."

 

"… La toile de l'hypocrisie moderne est tendue aux confins des deux domaines entre lesquels,

alternativement ballottée, notre époque tend les fils déliés du mensonge et de l'erreur."

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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 21:41

 

Il y a trente-cinq ans, le 6 octobre 1977 très exactement, paraissait le Monde libertaire hebdomadaire.

 

Alors que le journal de la Fédération anarchiste avait une périodicité mensuelle depuis 1954, on peut parler d'un véritable événement dans le milieu libertaire. Le pari était osé. La prise de risque n'était pas gagnée d'avance. Le résultat fut à la hauteur et, depuis toutes ces années, il continue son bonhomme de chemin.


6 octobre ML hebdo

 

Les souvenirs remontent. La décision fut prise en 1976 par le congrès de la Fédération anarchiste. Les mois suivants vont permettre d'affiner concrètement le projet : trouver un local, acquérir le matériel de pré-presse (choix et achat d'une photocomposeuse. A l'époque, cette machine informatique de pointe, remplaçante du plomb, faisait partie de la seconde génération), enfin trouver le permanent chargé de la saisie et du montage des pages. Auprès des administrateurs du journal, François Garcia et Léopold Tamamès, je fis partie du petit noyau de militants compétents qui permirent le choix, l'achat et la mise en place de ces moyens techniques.


Feuilletant ce premier numéro hebdomadaire, je retrouve, en dernière page, un article que j'ai eu le plaisir de signer. Il s'intitulait : "La déprime" et se terminait sur cette longue phrase :"A droite comme à gauche, c'est la grande déprime, la fausse espérance d'un monde meilleur pour demain comme si, subitement, les aéropages politiciens par trop habitués à se vautrer dans les fauteuils du pouvoir ou à guetter la place vacante, pourraient d'un seul coup faire oeuvre d'originalité et d'utilité publique, c'est-à-dire résoudre les vrais problèmes des travailleurs et satisfaire les aspirations légitimes à la liberté et à l'égalité économique." Quatre ans avant l'arrivée au pouvoir de F. Mitterrand et trente-cinq ans avant celle de F. Hollande les propos n'ont pris que peu de rides.

Joyeux anniversaire et longue vie le Monde libertaire hebdo !

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 06:27

 

 

 

En ce lundi 22 mai 1871 a débuté cette tragique Semaine sanglante.

Ce fut une bien triste journée qui marque le commencement de l'effroyable répression de la Commune de Paris.

Dès les premières lueurs, le jour s'annonçait chaud et sans nuage.

 

Après plusieurs infiltrations réussies la veille, l'armée versaillaise entre dans Paris par la Porte de Saint-Cloud. Le matin, Elie Reclus, directeur de la Bibliothèque nationale et frère du non moins célèbre Elisée, note dans son journal : "Les gardes nationaux, exécutant un mouvement tournant, auraient repris les portes d'entrée et les Versaillais, ayant leur retraite coupée, seraient maintenant pris entre deux feux". Sans le savoir et en toute bonne foi, il donne libre cours à cette rumeur de la rue qui, rapidement, s'avèrera fausse.


22-mai-Luce-L-agonie-28.05.1871.jpgMalgré les injonctions répétées de quelques officiers, les Fédérés protégeant les secteurs du Petit-Vanves et de Passy reculent en catastrophe. Lissagaray rapporte la situation : "On s'étonne de cette invasion si rapide tant le Comité connaît peu la situation militaire". Les renforts demandés pour défendre le quartier de la Muette n'arrivent pas et, avant leur encerclement, on assiste aux premiers replis des Communards. Tant bien que mal, les premières barricades s'érigent dans la capitale. Les troupes versaillaises s'avancent lentement vers le Trocadéro. Les batteries de Montmartre, pour la plupart hors service, ne commenceront à tirer que dans l'après-midi... La résistance tente de s'organiser. Les Fédérés tiennent la Concorde, la Rue Royale et les bords de Seine, cela pendant près de quarante heures. En ce lundi après-midi, les Versaillais parviennent jusqu'à la gare Saint-Lazare. L'avance semble irrésistible dans la mesure où elle se conjugue avec la forte désorganisation des Fédérés ce qui, en quelques jours, provoquera leur défaite.


Le lyrisme de la dernière proclamation du Comité de Salut public ne change rien à l'affaire. Que pèse les quelques vingt-mille hommes de la Commune contre les cent-trente mille soldats de Mac-Mahon, super équipés et entraînés comme il se doit ? Le plan d'attaque de Versailles a été bien étudié : prendre Paris par l'ouest (XVIe et XVIIe arrondissements) et par le sud (XVe et XIVe), avancer de chaque côté de la Seine afin de repousser les factieux sur les côteaux de Belleville et de Ménilmontant. Quelques 40.000 soldats versaillais restent en réserve. En vérité, ces liquidateurs seront chargés du "ratissage", ce nettoyage par la terreur, quartier par quartier et maison par maison.


Après ces premiers combats du lundi, tout laisse penser que Thiers donnera l'ordre à Mac-Mahon de ne pas se presser pour envahir Paris. Le blanquiste Gaston Da Costa, dans son livre "La Communellès vécue", semble accréditer cette thèse : "Si, le 21 mai, les Versaillais, entrés dans Paris par surprise, avaient continué leur marche en avant, ils eussent certainement occupé dans la nuit même les deux tiers de la capitale et pris l'Hôtel de Ville, sans laisser à Pindy le temps de l'incendier. La lutte prenait fin en quarante-huit heures ; les otages étaient sauvés, mais aussi le massacre prémédité de quarante mille Parisiens devenaient impossibles".


Une semaine sanglante c'est long, très long et, ce lundi 22 mai n'est jamais que son premier jour... Par Auteuil et par Passy, là où les loups sont entrés, les cadavres jonchent les rues. Hors des zones de combat, des charniers sont établis, démontrant, si l'en est besoin, que des massacres sur la population ont été commandités par le gouvernement : "L'important pour Thiers était de bien montrer à l'Assemblée de Versailles de quel danger de mort il allait tirer la société bourgeoise", (dixit G. Da Costa).


 

En définitive, ce triste jour préfigue bien les six jours qui vont suivre. Un bilan de 20.000 fusillés, 38.000 arrestations et, jusqu'en 1877, quelques 50.000 jugements dont 10.000 déportations. Tel aura été, pour les Parisiens, le prix à payer pour que l'ordre bourgeois règne à nouveau !

 

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 08:01

 

Ce 10 mars 1906, une gigantesque explosion dans la mine de Courrières (Pas-de-Calais) fit quelques 1099 victimes et autant de familles anéanties par la disparition de maris et d'enfants ...

 

Bien que prévenue par les mineurs, la direction ne pouvait ignorer la présence d'un gaz suspect, alors qu'un feu, mal éteint, continuait de couver dans le puits. Un délégué ouvrier avait pourtant demandé l'arrêt des descentes tant que l'extinction du feu n'était pas assurée. Rien n'y fait et, une fois de plus, au nom d'une sacro-sainte rentabilité, la Compagnie minière ordonne la poursuite du travail. Elle porte donc une responsabilité pleine et entière dans ce drame. A l'époque, l'affaire fit grand bruit et fut l'occasion d'une importante contestation ouvrière. Cela permettra d'arracher, le 13 juillet 1906, la première loi sur le repos hebdomadaire. Rien n'est jamais acquis car, depuis, en ce domaine la régression a repris le dessus. Notre esprit chagrin dira : une fois de plus !

 

Revenons à cet événement meurtrier. Pour le relater, j'ai pris l'initiative d'éplucher la presse de l'époque, plus particulièrement le journal hebdomadaire L'anarchie, en date du jeudi 22 mars 1906. L'article est signé Léon Israël et en voici quelques extraits :

 

10-mars-Courrieres.jpg"Le feu dans la mine

 

(…) Ce qui se passe sous nos yeux est bien autrement édifiant et joyeux.

Non que l'accident professionnel de Courrières soit essentiellement propre à exciter notre hilarité.

(…) Avez-vous remarqué aussi combien les condoléances réglementaires, réclame facile,ont apporté de soulagement à tant de douleur ?

Larmes de ministres, pleurs de financiers, regrets d'actionnaires !

Les journalistes retroussent leurs manchettes immaculées, pour relater dans un coin de coron poussiéreux l’héroïsme des survivants, le dévouement des ingénieurs. La bêtise ne perdant jamais ses droits, mêmes aux heures les plus critiques, on voit apparaître avec les autorités officielles, les gestes ordinaires de ce genre de déments.

Les pires catastrophes, les hécatombes les plus sanglantes ne sauraient désarmer la stupidité déconcertante des préjugés germant dans de telles cervelles.

Le moment est trouvé propice pour une distribution de rubans tricolores.

(…) On recherche les responsabilités !

(…) Non, l'ingénieur insouciant,bâclant son travail comme toi, salarié, tu bâcles le tien, non, l'actionnaire, esclave lui de la concurrence, refusant l'arrêt de la mine incendiée, non, ces gens ne peuvent être incriminés : il n'y a pas de responsabilités. Il y a seulement des causes ; et les quelques profiteurs sur qui on voudrait voir s'exercer les foudres de la justice légale, sont impuissants à en arrêter les effets. Une poignée de fonctionnaires disparus, le mécanisme social n'en continuera pas moins à nous écraser. La misère n'en sera ni plus ni moins terrible. La lutte pour la vie n'en sera ni plus ni moins atroce.

Le grisou comme toutes les calamités que nous avons à redouter aura encore de beaux jours.

(…) Le feu est dans la mine soci10-mars-Courrieres-2.jpgale, cette mine où sombrent les faibles, les isolés...

Aidons les éléments de désagrégation ne les combattons pas."

 

Certains pourront affirmer que ce temps est bien loin et que, depuis, tout a changé. Qu'il se détrompe. Certes, les mines ont quasiment disparus du pays. Mais n'y a-t-il pas davantage de risques industriels aux portes de nos villes ? Alors que les autorités nous assurent que la situation reste sous contrôle, la pétro-chimie, le nucléaire, les usines du type AZF et classées Sevezo, etc., combien avons-nous de bombes à retardement prêtes à nous exploser à la figure ?

 

La catastrophe de Fukushima du 11 mars 2011, cent cinq ans et un jour après – quelle étonnante coïncidence d'anniversaires dramatiques !– ne cesse de nous inquiéter et de nous interpeller. La folie du système capitaliste et de leurs États protecteurs les rend responsables de ces situations. Cette folie du système nous rappelle également que les travailleurs et les populations marchent sur un fil tendu au-dessus de l'abîme. Ils restent tout le temps les principales victimes de ce système d'exploitation à la considération humaine des plus limitée.

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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 09:30

En ce 31 décembre, rituellement occupé à fêter la nouvelle année, nous sommes heureux de célébrer ce mini événement par une pensée particulière à Pierre-Joseph Proudhon.


31-decembre-Proudhon.jpgLa banalité de ce dernier jour de notre calendrier n'est qu'apparente. Il y eut pour le penseur bisontin quelque chose d'assez inoubliable. Notre homme est en train de purger une peine de prison. Sale temps pour les révolutionnaires car, en Russie, Michel Bakounine croupit aussi dans une géôle, en conséquence de sa participation à l'insurrection de Dresde.


Le putschiste Napoléon III a fermé les bureaux de la Banque du peuple, institution financière créée sur l'initiative de Proudhon. Celui-ci, réfugié à Genève, décide, le 4 juin, de se constituer prisonnier. Il purge une condamnation de trois ans, déterminée à l'occasion d'un délit de presse pour offense au président de la République... Le pouvoir l'enferme à Sainte-Pélagie. Et, durant ce dernier jour de l'année, il épouse une jeune ouvrière - de quatorze ans sa cadette ! - Euphrasie Piégeard, avec laquelle il aura trois ou quatre filles – désolé si, en ce beau jour de fête, ma mémoire est quelque peu embuée !.. N'est-ce pas magnifique et hautement symbolique ? Quel superbe clin d'oeil à ce personnage dont les positions sur la femme continuent encore à choquer certains et certaines...


Mais, trêve de discours ! Il est temps de vous livrer ma source : ses Carnets dont un extrait de son numéro 7 :

 

"31 décembre 1849. — Célébration de mon mariage avec Euphrasie Piégard1, passementière, née à la rue St Denys, âgée de 27 ans. Je n'ai qu'un regret, c'est de n'avoir pas fait ce mariage 4 ans plus tôt. Quand la femme est bonne, mieux vaut plus tôt que plus tard : ce n'est pas rien non plus que de jouir des belles années et de la jeunesse d'une femme.

Le Préfet de Police, M. Carlier, m'autorise à sortir une fois la semaine2; j'en profite pour mon mariage, et deux autres fois encore. Somme toute après six semaines de mariage, j'ai couché trois fois avec ma femme : chose dont je suis loin de me plaindre. Il n'est pas bon, selon moi, d'être toujours ensemble.

 

(1) Celle-ci l'attendait depuis février 1847... Malgré les réti­cences de sa mère, elle était restée fidèle à « l'homme-terreur » et au « prisonnier de M. Carlier ». C'est en novembre 1849 que le mariage avait été décidé.

(2) Comme on le voit, le régime des « politiques » était alors très libéral. Proudhon n'était pas une exception."

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 07:29

En ce lendemain de "Primaires socialistes" en vue de la prochaine élection présidentielle, j'ai envie de vous entretenir d'un personnage singulier au parcours étonnant. Tour à tour influencé par les idées anarchistes, Victor Méric commence par écrire dans le Libertaire. Il a toujours gardé de nombreux contacts avec les personnalités du mouvement. Incinéré au Père-Lachaise, l'oraison funèbre fut d'ailleurs prononcée par ses camarades du Libertaire.

 

10-octobre-Meric.jpgEn 1904, il contribue à la fondation de l'Association internationale antimilitariste. En 1905, il participe à l'affiche rouge apposée sur les murs de Paris appellant les conscrits à la désobéissance. Il est l'un des fondateurs du journal socialiste La guerre sociale (1906-1916) dirigé par Gustave Hervé, celui-là même qui le pousse à adhérer à la SFIO (Section française de l'Internationale socialiste) dans les années 1907-1908). Ensuite, après avoir vécu la rupture du congrès de Tours, il siège, de 1920 à 1922, au Comité directeur du Parti communiste. Il le quitte en raison de la discipline bolchévique qui règne dans ses rangs. Il s'oppose à ce qu'il dénomme la "centralisation de secte". Démission ou exclusion ? En tous les cas, en 1922 il n'est pas réélu à son Comité directeur. Il faut savoir également que le IVe Congrès de l'Internationale communiste impose l'exclusion de tous les membres de la Ligue des droits de l'homme à laquelle Victor Méric appartient.

En 1931, Méric crée la Ligue internationale des combattants de la Paix. Ce nouvel engagement ne dure que deux ans car, en ce 10 octobre 1933, la mort le surprend.

 

Journaliste, il écrit plusieurs ouvrages dont :

  • Le Bétail. Une pièce antimilitariste en un acte.

  • Opinions subversives de M. Clémenceau, chef du gouvernement.

  • Lettre à un conscrit, 1904.

  • Le Problème sexuel : libre maternité, fécondité, dépopulation , 1909. Il fut un fervent militant néo-malthusien.

  • Comment on fera la révolution, 1910.

  • Le Crime des Vieux , roman.

  • La Der des Der, roman,.

  • Quatre d'infanterie : front ouest, 1918.

  • Les Bandits tragiques, 1926. Il s'agit d'une excellente narration de l'épopée de la bande à Bonnot.

  • Les Compagnons de l'Escopette : roman de sac et de corde, 1930.

  • La Guerre qui revient : fraîche et gazeuse, 1932

Cet homme vécut la grande guerre et il a passé l'essentiel de sa vie à la dénoncer. Respect à cet homme engagé.

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 18:16

 

A Paris, l'Assemblée nationale vote la loi d'abolition de la peine de mort présentée par le ministre garde des Sceaux, Robert Badinter, par 369 voix contre 113 qui s'y opposent. Par cette loi historique importante, la France s'aligne enfin sur les autres pays d'Europe occidentale.

 

Toutes les sociétés ont pratiqué ou, pour certaines, pratiquent toujours la peine de mort. Avec des variantes très nombreuses : décapitation, strangulation, empoisonnement à la ciguë, lapidation, décapitation, précipitation, pendaison, crucifiement. Philosophiquement parlant, on justifie l'acte. Platon considère la peine majeure comme une forme de purification nécessaire à la réparation de l'acte commis. De la même manière, Aristote considérant l'individu responsable de ses actes doit être puni en conséquence.

 

18-septembre.jpgLa France de l'Ancien Régime n'est pas en reste face à ces pratiques antiques : décapitation (privilège de la noblesse), pendaison, roue, écartèlement et bûcher. La Révolution française, sous les auspices de l'article 1 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen («tous les citoyens sont égaux...»), elle généralise une technique particulière : l'emploi de la machine portant le nom de son auteur : le docteur Guillotin. Il faudra donc attendre plus de deux siècles avant que le dernier exécuteur des basse oeuvres abandonne son sinistre métier.


Dès la fin du XVIIIe siècle, la peine de mort fait l'objet d'une contestation. Elle provient d'un admirateur de Montesquieu et d'Helvétius, le marquis italien Cesare Beccaria (1738-1794). Il se rattache à ce courant de pensée que l'on a dénommé les Lumières. Dans un petit ouvrage publié sans l'imprimatur en 1764, Des délits et des peines, il y développe : «L'État n'a pas le droit d'enlever la vie. La peine de mort est une survivance de rigueurs antiques et un anachronisme dans une société policée. Elle n'est pas seulement inutile parce que sa valeur d'exemple est nulle, elle est aussi nuisible». Ainsi, il remet en cause le droit de punir et s'oppose à cette peine barbare. Il considère que la prévention vaut toujours mieux que la répression.

 

Un homme comme Voltaire reprend sa théorie et conteste cet acte de barbarie. Victor Hugo publie, en 1829, Le Dernier Jour d'un Condamné. Il écrit cet ouvrage comme le journal des dernières heures du condamné. Il ajoute à ce livre, en 1832, une troisième préface qui dresse un excellent et puissant plaidoyer contre la peine de mort.

 

Mais remontons légèrement le temps. Après la chute de l'Empire, François Guizot réintroduit le débat contre la peine de mort. Sans doute avait-il toujours présent à l'esprit la mort par guillotine de son père lors de la Terreur. Sa proposition de loi échoue de peu. Tout comme celle de Jules Simon en 1870. Le même sort arrivera à Aristide Briand, le célèbre rapporteur de la loi de 1905 de séparation des églises et de l'Etat. Devenu ministre de la justice en 1908 , il soumet un projet de loi qui se résume ainsi : "La peine de mort est abolie". La réaction se déchaîne et, une fois de plus, la loi échoue.

 

Jusqu'aux années 1970, la peine de mort en France a été appliquée avec une intensité très variable. Un cours répit d'accalmie puis, en 1972, cela repart de plus belle : affaire Buffet-Bontemps (prise de trois personnes en otages dans la prison de Clairvaux dont 2 seront tués). En 1976, il y aura les affaires Ranucci (meurtre d'un enfant) et Patrick Henry (rapt et assassinat d'un jeune garçon).

 

Cinq ans plus tard - en 1981 donc - Robert Badinter, alors ministre de Mitterrand, réussit a faire passer cette loi d'abolition. Plus personne ne la remet en cause, sinon la toute nouvelle présidente du FN qui, dans le journal gratuit 20 minutes, vient de réaffirmer le rétablissement de cette pratique "barbare".

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 06:26

 

 Voici trente ans que dure l'aventure de la Radio Libertaire !

Une aventure placée sous l'égide de la Fédération Anarchiste et de militants porteurs de ce projet. Aventure de nombreux artistes et de souscripteurs anonymes qui, ensemble, ont contribué à asseoir financièrement cette formidable réalisation. Bel exemple de vie et de dynamisme libertaire !

 

1 septembre RL2Comment ne pas se souvenir de ses premiers pas dans le sous-sol très exigu et peu adapté du local du Groupe libertaire Louise Michel ? A l'empirisme des moyens des débuts, il fallut l'énergie et l'opiniâtreté de ces animateurs afin que la station de radio poursuive un chemin pérenne et devienne ce qu'elle est aujourd'hui.

 

Les multiples tentatives d'intimidation politico-administrative des premières années pour la rayer du paysage audio-visuel d'où émergèrent de nombreuses radios libres, ne réussirent pas à la terrasser. Au contraire, cette répression renforcera sa synergie de survie.

 

Bon Anniversaire à "La plus rebelle des radios" qui émet 24 heures sur 24 sur 89.4 Mhz (Paris et région) et qui, également, s'écoute maintenant sur Internet.

 

1 septembre RL1

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