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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 08:27

Cela fait toujours plaisir de revisiter ce symbole du sabre et du goupillon, surtout quand il est magnifié par Cabu dans le dernier numéro du Canard enchaîné (9.07.2014).

 

Deux puissantes institutions qui, alliées à l'autorité de l'Etat, enregimentent toujours les consciences et servent à mater les populations quand celles-ci se mettent en colère. L'histoire sociale est riche de cette collusion. Comment ne pas rappeler, par exemple, ces sombres conséquences qui suivirent la Commune de Paris ?

 

Un autre dessinateur caricaturiste, Jossot (XIX-XXe siècle), avait associé un troisième larron : le juge. Un personnage tout aussi emblématique de cette collusion autoritaire contre les opposants au système, caractérisés à l'époque par la classe ouvrière.

 

Certes, les temps ont bien changé, mais pas ces institutions qui restent gardiennes d'un système terriblement désuet, toujours spoliateur et profondément réducteur d'autonomie humaine en tous genres.

Le sabre et le goupillon
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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 10:39

En ce mois de fin d'année, pas de cadeau !

 

Par contre, à l'occasion de la prochaine sortie du dictionnaire biographique sur le mouvement libertaire francophone, souscrivez.

 

Une belle tranche d'histoire qui, largement, vaut bien toutes les tartines de foie gras...

 

 

Les Anarchistes
Les Anarchistes
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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 09:35

Nos amis de la Fondation Pierre Besnard publie une critique de livre fort intéressante :

Le siècle des chefs : une histoire transnationale du commandement et de l'autorité, de Yves Cohen, Amsterdam, 2013 (864 pages, 25 €).

Avant de vous procurer celui-ci, lisez donc l'analyse très dense et très fouillée qui a été formulée et que vous retrouverez en cliquant sur le lien ci après :

 

 

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 17:52

 

En ces temps attristants d'ultra-mondialisation, de montée de l'extrême-droite et d'un conformisme ambiant, tout cela se confondant passablement, j'ai le plaisir de vous inviter au voyage dans deux mondes différents. Mais pas tant que cela. En débroussaillant un peu, ils ne sont pas si loin l'un de l'autre.

 

UTOPIE

Le premier nous emmène en Morbihan. Il vous suffit de clicker sur le lien ci-dessous :

http://utoplib.blogspot.fr/2010/02/la-ronce-une-utopie-en-morbihan.html

 

PEINTURE

Le second dans un univers artistique que nous aimons bien Nombre de dessins satyriques sur A Rebrousse-poil proviennent de cet ami :

http://gouvrant-le-peintre.blogspirit.com/

 

Un seul mot d'ordre : Libérez-vous !

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 08:25

 

Les ors républicains : "nos" très cher députés

 

En faveur de sa représentation nationale la République reste toujours bonne fille. Normal, se sont eux qui décident de notre sort et, charité bien ordonnée, du leur. Nous ne doutons pas un seul instant que vous vous soyez interrogés sur ces personnages fréquentant avec une assiduité douteuse le Palais Bourbon. Mais en avez-vous eu le fin mot ? Pas de problème, nous allons vous donner la réponse.

 

Leur petit pactole individuel - c'est un euphémisme - se décompose ainsi tous les mois :

- Salaire net : 5189 €

- IRFM : 5899 € (Indemnité représentative de frais de mandat, non soumis à contrôle)

- Frais de secrétariat : 9138 € (dans 13 % des cas, il s'agit d'emplois familiaux)

soit ce modique total de 20226 €.

 

J'en connais plus d'un d'entre-vous salivant de gourmandise... Mais,pourquoi se priver, à cette coquette somme il importe d'ajouter ces quelques prestations annuelles :

- 1 Forfait téléphonique de 4200 €

- 1 Forfait de taxi de 3400 €

- 40 billets d'avion, aller et retour entre Paris et l'aéroport le plus proche de sa circonscription.

- 6 billets d'avion aller et retour quelque soit la destination en France métropolitaine.

- 1 carte d'abonnement SNCF 1re classe

- 1 Passe Navigo sur tout le réseau RATP

- 1 mise à disposition occasionnelle d'une voiture avec chauffeur (les vice-présidents, questeurs et présidents de groupe et de commission ont droit eux à une voiture et un chauffeur personnel)

- 1 mise à disposition occasionnelle de vélo (là, cela devient franchement mesquin).

 

A vos calculettes ! Additionnez tous ces revenus et avantages, puis multipliez tout cela par les 577 députés qui composent l'hémicycle. Comme vous le constaterez, la place est particulièrement bonne et très difficile à lâcher. Et, puisqu'ils ont plus d'un tour dans leur sac, "nos" cher députés disposent encore d'autres points de chute financièrement confortables : mairie, communauté de communes, syndicats intercommunaux et j'en passe...


Cette débauche monétaire ne saurait s'arrêter là ! Pour couronner le tout, il existe encore une cerise sur le gâteau : la discrète niche financière de l'Assemblée nationale. Certes, on l'affuble d'un nom beaucoup plus digne : la réserve parlementaire. Elle permet la distribution de millions d'euros (137 exactement, en 2011) que "nos" petits potentats locaux appellent des "subventions d'intérêt local". Mazette ! que ne feraient-ils pas pour être réélus...


Pendant ce temps, les vaches sont maigres et les masses populaires ont bien du mal à subvenir à leur propre entretien. Quand donc ces derniers renacleront et s'opposeront à ces institutions qui distribuent l'argent public à tire-Larigot ?

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 17:56

L'homme le plus riche de France et quatrième fortune mondiale, le triste sire Bernard Arnault, a donc, pour des raisons trivialement fiscales, sollicité la nationalité belge en sus de la française et de la mondiale qui est l'apanage des maîtres du monde présent.

 

Parce qu'il aime la Belgique à la folie ? Voilà le mot lâché : la folie. Qui, de par le vaste monde en général et la France éternelle en particulier, s'est jamais posé la question de la normalité psychique des grands riches en général et des accapareurs compulsifs en particulier ?

 

- Que puis-je faire pour ton bonheur ? demandait jadis à Diogène l'homme qui avait le pouvoir de satisfaire tous ses désirs.

- Ôte-toi de mon soleil ! lui fut-il sagement répondu.

 

Capitalistes2Le triste sire Bernard Arnault est donc à la tête d'une fortune de 31 ou 32 milliards d'euros (à ce stade-là on ne compte même plus par millions !). Inspiré du "Casse-toi, pôv'con !" sarkosyste, le journal Libération lui a intimé un ordre sans appel : "Casse-toi, riche con !". Réaction ? Plainte pénale pour injure publique. Preuve supplémentaire, si besoin en était, du bienfondé de son titre de "Roi des cons". Démonstration diogénique. Quels sont les vrais besoins du sieur Bernard Arnault dans une vie d'homme normal qu'il n'est visiblement pas ? Ne souffrir ni de la faim, ni de la soif, ni d'un excès de froid ou de chaleur, jouir d'une bonne santé et de la possibilité de profiter pleinement de ce que dame Nature offre à chacun de ses enfants : paysages sublimes, accès à la culture, aux beaux-arts, à la poésie du monde, à sa musique et à l'amour et tout ce chacun de vous peut imaginer comme élément complémentaire à un mode de vie le plus harmonieux possible.

 

Tout hormis une chose: le superflu ! De superflu, notre ridicule héros en est tout bouffi : gloriole idiote d'être titulaire du statut de quatrième des hommes les plus riches du monde ; fringale d'accéder au podium olympique où lui sera attribuée la médaille de bronze du psychopathe accapareur de biens dont il ne profiterait qu'au terme d'une vie longue de plusieurs dizaines de milliers d'années, en attendant de se hisser au niveau de la médaille d'argent puis de la médaille d'or des imbéciles, des crétins, des demeurés aveuglés par la fringale de biens qui leur vaudront, le jour de leur mort, les pires des châtiments imaginables : la conscience d'être passés à côté de la vie, la vraie vie, dans l'obsession pathologique de l'accaparement de biens à tout prix ; la frustration de devoir quitter tous ces biens accumulés dont ils n'auront à aucun moment profité autrement que sous forme d'indigestion ; les éclats de rires des héritiers s'exclamant : "Quel con, ce type ! S'il savait à quel point on s'est payé sa tête tout au long de son existence en le regardant entasser pour nous des piles d'euros et de dollars dont nous allons enfin pouvoir, nous ses héritiers, faire ripaille ! On va lui offrir tout de même un cercueil en or massif. Et ça lui fera une belle jambe ! Vive Bernard Arnault, vive le Roi des Cons !"

 

Bernard Arnault ? C'est un type à table, salivant bêtement face à une pile de biftecks haute comme la Tour de Babel . Bon appétit, pôv'con !

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 05:42

 

Connaissez-vous ce lycée à l'appellation si particulière ?

 

Ce mois-ci, il va bientôt fêter ses trente années d'existence. Pas mal... Alors, si vous voulez en savoir plus, avant de franchir le seuil de cet établissement, allez donc voir son site www.l-a-p.org.

 

Cela vaut le détours...

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 09:01

Vous trouverez ci-dessous ce qui me semble un très beau texte du sous-commandant Marcos, zone insurgée du Chiapas (Mexique), sur le commandant Moisés mort il y a quelques mois. Un inconnu parmi tant d'autres qui a souhaité vivre au grand soleil et non à l'ombre du pouvoir oppressif...

Ce texte est un bref extrait d'une longue lettre de Marcos à l'écrivain Luis Villoro, sur le thème Ethique et pouvoir.

Le texte intégral est publié sur le site du SCPL (Comité de Soutien aux Peuples du Chiapas en Lutte).

La lutte des zapatistes est toujours bien vivace, la résistance qui a pris forme il y a trente ans continue sur un territoire grand comme l'Auvergne (il me semble) qui s'organise maintenant au grand jour depuis quinze ans hors de toute loi de l'Etat mexicain. Les peuples indigènes insoumis du Chipas construisent pierre par pierre leur autonomie, malgré le harcèlement constant des groupes paramilitaires à la solde du gouvernement.

Yves

 

UNE MORT... OU UNE VIE

(Quatrième lettre à don Luis Villoro dans l'échange sur Éthique et Politique - Oct.-nov. 2011)

 

Commune autonome rebelle zapatiste de San Andrés Sacamchen de los Pobres, Altos de Chiapas.

Don Luis,Marcos.jpg

Santé et salut.

 

Le matin du 26 septembre 2011, le commandant Moisés est parti travailler vers sa plantation de caféiers. Comme tous les dirigeants de l'EZLN, il ne recevait pas le moindre salaire ni prébende. Comme tous les dirigeants de l'EZLN, il devait travailler pour faire vivre sa famille. Ses fils l'accompagnaient.

Le véhicule dans lequel ils voyageaient est tombé dans un ravin. Tous ont été blessés, mais les lésions qu'a subies Moisés ont été mortelles. Lorsqu'il est arrivé à la clinique d'Oventik, il était décédé.

Dès l'après-midi, comme il est de coutume à San Cristóbal de Las Casas de cultiver les rumeurs, la mort de Moisés a attiré des journalistes charognards qui ont cru que le mort était le Lieutenant-colonel Insurgé Moisés. Quand ils ont su que ce n'était pas lui, mais un autre Moisés (le Commandant Moisés), l'affaire a perdu pour eux tout intérêt. Pour aucun d'eux ne pouvait compter quelqu'un qui n'était pas apparu en public comme dirigeant, quelqu'un qui était toujours resté dans l'ombre, quelqu'un qui apparemment n'était qu'un Indien zapatiste de plus...

Sur le calendrier, cela a dû se passer en 1985-1986. Moisés a eu vent de l'EZLN et a décidé de se joindre à l'effort d'organisation quand sur les Altos de Chiapas les zapatistes se comptaient sur les doigts des deux mains... et encore, pas tous les doigts...

Avec d'autres compañeros, (parmi eux, Ramona), il a commencé à cheminer dans les montagnes du Sud-est mexicain, mais avec une idée d'organisation. De la brume surgissait sa petite silhouette vers les parages tzotzils de la zone des Altos. Et sa parole reposée égrenait l'interminable cahier de doléances de ceux qui sont de la couleur de la terre.

« Il faut lutter », concluait-il.

Au petit matin du premier janvier 1994, comme un combattant parmi les autres, il est descendu des montagnes vers la hautaine cité de San Cristóbal de Las Casas. Il a participé à la colonne qui a pris la mairie, obligeant à la reddition la force gouvernementale qui la gardait. Avec les autres membres tzotzils du CCRI-CG, il est apparu au balcon du bâtiment qui donne sur la place principale. Derrière, dans l'ombre, il a écouté la lecture qu'un de sescompañeros a faite de ce qu'on a appelé « Déclaration de la Jungle Lacandone » à une foule de métis incrédules ou sceptiques, et d'indigènes pleins d'espoir. Avec sa troupe, il s'est replié vers les montagnes quand s'écoulaient les premières heures du 2 janvier 1994.

Après avoir résisté aux bombardements et aux incursions des forces gouvernementales, il est redescendu à San Cristóbal de Las Casas en tant que membre de la délégation zapatiste qui a participé aux Dialogues dits de la Cathédrale avec des représentants du gouvernement suprême.

Il en est revenu, et il a continué à sillonner les parages pour expliquer, et surtout pour écouter.

« Le gouvernement n'a pas de parole », concluait-il.

Avec des milliers d'indigènes, il a bâti l'Aguascalientes II, à Oventik, alors que l'EZLN subissait toujours la persécution de Zedillo.

Il a été l'un de plus parmi les milliers d'indigènes zapatistes qui, de leurs mains nues, ont affronté la colonne de chars fédéraux qui voulaient prendre position à Oventik lors des jours funestes de 1995.

En 1996, aux dialogues de San Andrés, il veillait, parmi d'autres, à la sécurité de la délégation zapatiste, encerclée comme elle l'était par des centaines de militaires.

Debout, dans les petits matins gelés des Altos de Chiapas, il résistait à la pluie qui faisait fuir les soldats pour chercher toit et refuge. Il ne bougeait pas.

« Le Pouvoir est traître », disait-il, comme pour s'excuser.

En 1997, avec ses compañeros, il a organisé la colonne tzotzil qui a participé à ce qu'on a appelé la « Marche des 1.111 », et il a réuni des informations vitales pour éclaircir le massacre d'Acteal, le 22 décembre de cette année-là, perpétré par des paramilitaires sous la direction du général de l'armée fédérale Mario Renán Castillo, et avec Ernesto Zedillo Ponce de León, Emilio Chuayfett et Julio César Ruiz Ferro pour auteurs intellectuels.

En 1998 il a organisé et coordonné le soutien et la défense apportés, depuis les Altos de Chiapas, aux compañeras chassé-e-s par les attaques contre les communes autonomes lancées par « el Croquetas » Albores Guillén et Francisco Labastida Ochoa.

En 1999, il a participé à l'organisation et à la coordination de la délégation indigène tzotzil zapatiste qui a participé à la consultation nationale, quand 5.000 zapatistes (2.500 femmes et 2.500 hommes) ont couvert tous les États de la République mexicaine.

En 2001, après la trahison par toute la classe politique mexicaine des « Accords de San Andrés » (à ce moment se sont alliés le PRI, le PAN et le PRD pour fermer la porte à la reconnaissance constitutionnelle des droits et de la culture des peuples originaires du Mexique), il a continué à parcourir les parages tzotzils des Altos de Chiapas, parlant et écoutant. Mais alors, quand il avait fini d'écouter, il disait : « Il faut résister ».

Moisés était né le 2 avril 1956, à Oventik.

Sans seulement l'avoir voulu, et surtout sans en tirer le moindre bénéfice, il est devenu l'un des chefs indigènes les plus respectés dans l'EZLN.

À peine quelques jours avant sa mort, je l'ai vu lors d'une réunion du Comité clandestin révolutionnaire indigène - Commandement général de l'EZLN (CCRI-CG), où a été analysée la situation locale, nationale et internationale, et où a été discuté et décidé le chemin à suivre.

Nous avons expliqué qu'une nouvelle génération de zapatistes était en train d'arriver aux tâches de direction. Des jeunes, garçons et filles, qui sont nés après le soulèvement, qui se sont formés dans la résistance, et qui ont été éduqués dans les écoles autonomes, sont à présent élus comme autorités autonomes et arrivent à être membres des Conseils de bon gouvernement.

On a discuté et on s 'est mis d'accord sur comment les soutenir dans leurs tâches, les accompagner. Comment construire le pont de l'histoire entre les vétérans zapatistes et eux. Comment nos morts nous lèguent des engagements de la mémoire, le devoir de continuer, de ne pas flancher, de ne pas se vendre, de ne pas faillir, de ne pas se rendre.

Il n'y avait de nostalgie chez aucun de mes chefs et cheffes.

Ni la nostalgie des jours et des nuits où, en silence, ils ont forgé de ce qui serait mondialement connu comme « Armée zapatiste de libération nationale ».

Ni la nostalgie de moments où notre parole était écoutée en beaucoup de coins de la planète.

Il n'y avait pas de rires, c'est certain. Il y avait des visages sérieux, soucieux de trouver ensemble le chemin commun.

Il y avait, en revanche, ce que don Tomás Segovia a appelé un jour « nostalgie du futur ».

« Il faut raconter l'histoire », a dit le Commandant Moisés, en guise de conclusion, à la fin de la réunion. Et le Commandant est reparti vers son lopin à Oventik.

Ce matin du 26 septembre 2011, il est parti de chez lui en disant « je reviens tout à l'heure », et il s'en est allé vers son turbin pour obtenir de la terre la nourriture et le lendemain.

Quand j'écris sur lui, j'ai mal aux mains, don Luis.

Pas seulement parce que nous avons été ensemble au début du soulèvement, et ensuite durant des jours lumineux et de froids petits matins.

Aussi et surtout parce qu'en retraçant rapidement son histoire, je me rends compte que je suis en train de parler de l'histoire de n'importe lequel de mes cheffes et chefs, de ce collectif d'ombres qui nous indique le cap, le chemin, le pas suivant.

De ceux qui nous donnent identité et héritage.

Peut-être qu'une fois encore les rumorologues de San Cristóbal et autre faune ne sont pas intéressés par la mort du Commandant Moisés parce qu'il n'était qu'une ombre de plus parmi les milliers de zapatistes.

Mais à nous, il nous laisse une dette immense, aussi immense que le sens des paroles par lesquelles, en souriant, il m'a dit au revoir à la fin de cette réunion :

« La lutte n'est jamais finie », a-t-il dit tout en rassemblant son petit fourbi.

 

Une mort, une vie.

On pourrait élucubrer sur ce qui mène mes paroles à jeter ce pont compliqué et multiple entre don Tomás Segovia et le Commandant Moisés, entre l'intellectuel critique et le haut dirigeant indigène zapatiste.

On pourrait penser que c'est leur mort, le fait qu'en les nommant nous les ramenons parmi nous, si égaux parce qu'ils étaient, qu'ils sont, différents.

Mais non, ce sont leurs vies qui viennent à point (ou à virgule, c'est selon).

Parce que leurs absences ne produisent pas en nous des hommages frivoles ou de stériles statues.

Parce qu'ils laissent en nous un à-suivre, un reste-dû, un héritage.

Parce que face aux tentations à la mode (médiatiques, électorales, politiques, intellectuelles), il y a celui qui affirme qu'il ne se rend pas, qu'il ne se vend pas, qu'il ne faillit pas.

Et il le fait avec un mot qu'on ne prononce avec authenticité que lorsqu'on le vit : « Résistance ».

Là-bas, en haut, la mort s'exorcise par des hommages, parfois des monuments, des noms de rues, de musées ou de festivals, des prix par lesquels le Pouvoir célèbre la capitulation, le nom en lettres dorées sur un quelconque mur promis à la démolition.

C'est ainsi qu'ils affirment la mort. Hommage, mots émus, page tournée, et voyons la suite.

Mais...

Eduardo Galeano dit que personne ne s'en va tout à fait tant qu'il reste quelqu'un pour le ou la nommer.

Et le vieil Antonio disait que la vie était un puzzle long et compliqué qu'on ne pouvait monter que lorsque les héritiers nommaient le défunt.

Et Elías Contreras dit que la mort a besoin d'avoir sa taille réelle, et qu'elle n'y parvient que lorsqu'on la met à côté d'une vie. Et il ajoute qu'il faut se rappeler, quand s'en va un morceau du cŠur collectif que nous sommes, que cette mort a été et est une vie.

Voilà.

En nommant Moisés et don Tomás, nous les ramenons, nous montons le puzzle de leurs vies de lutte, et nous réaffirmons qu'ici, en bas, une mort est surtout une vie.

À présent, là-haut, vont continuer le vacarme, la schizophrénie, le fanatisme, l'intolérance, les capitulations déguisées en tactique politique.

Ensuite viendra la gueule de bois : la reddition, le cynisme, la défaite.

En bas continue le silence et la résistance. Toujours la résistance...

Bon, don Luis. Salut, et que ce soient des vies que les morts nous lèguent.

Depuis les montagnes du Sud-Est mexicain.

Sous-commandant insurgé Marcos.

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 07:51

 

SOLIDARITE AVEC

LES ANARCHISTES ET ANTI-FASCISTES DE CUNEO

 

Le 26 février 2001 l'organisation fasciste Casa Pound avait l'intention d'ouvrir un local à Cuneo (quartier de Turin), là-même où naquirent tant de partisans qui luttèrent contre les fascistes et nazis de la Deuxième guerre mondiale. Face à cette provocation, les antifascistes organisèrent un rassemblement et des affrontements eurent lieu entre fascistes et anti-fascistes.

 

A la suite de ces événements, la police italienne essaya d'emprisonner 3 anarchistes connus – tous trois membres du groupe publiant la revue « Nunatak » et activistes connus contre le TGV Turin-Lyon -, et elle effectua de nombreuses perquisitions dans tout le quartier. Luca Ghezzi fut emprisonné ainsi que Fabio peu de temps après, puis tous deux passèrent sous le régime de détention à domicile (avec des mesures strictes de contrôle). Guido Mantelli réussit à nouveau à s'échapper. En même temps que les 3 anarchistes arrêtés, 18 antifascistes passèrent aussi en procès, alors que les fascistes ne furent pas inquiétés.

 

forza-nuova-logoLe 26 novembre 2011, au tribunal de Cuneo, il y a eu un avant-goût de la préparation du procès sur ces événements qui débutera le 25 janvier 2012. Ces jours-là, Guido s'est présenté devant le tribunal, après avoir passé 8 mois en clandestinité. Guido, jusqu'au début du procès, a été condamné à la détention à domicile. Par ailleurs les mouvements anti-fascistes ont organisé un rassemblement devant le tribunal.

 

Après le procès, la police a arrêté Arturio Fazio (lui aussi anarchiste connu et membre de « Nunatak ») qui avait participé au rassemblement lors d'un procès en 1998 : il avait été condamné et emprisonné pour les troubles qui avaient eu lieu, le 4 avril 1998 dans le cimetière du village de Brosso, lors des funérailles du militant connu Edoardo Massari « Baleno » (anarchiste, squatteur et activiste contre le TGV Turin-Lyon) trouvé pendu à la prison de Turin. Bien que la famille de Baleno eût demandé de ne rien communiquer dans les médias sur l'enterrement, quand ils virent quelques journalistes au cimetière les compagnons de Baleno se heurtèrent à eux. A cause de ce procès, Arturo fut emprisonné quelques mois et quand il eut écopé d'une peine de 3 ans de taule il s'enfuit et il dut passer 9 ans en clandestinité jusqu'à ce qu'une amnistie en 2010 lui donne l'occasion de revenir chez lui. A présent, 13 années plus tard, les juges ont emprisonné à nouveau Arturo sous prétexte qu'il n'avait pas rempli 2 mois de cette peine.

 

Adresses pour messages de solidarité aux inculpés :

Arturo Fazio

c/c via Pianezza - 10151 Torino (Italia)

 

Nunatak

c/o Biblioteca Popolare Rebeldies - via Savona 10 - 12100 Cuneo (Italia)

nunatak@autistici.org

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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 13:50

 

Après les émeutes de Londres, l'ordre règne...

Après les manifestations d'indignés et anti-JMJ, l'ordre règne à Madrid...

Au Moyen-Orient, l'ordre continue de règner à Damas...

 

Maton-dessin.jpgMais ce sont toujours des hooligans, ou des extrémistes ou toujours des agents de l'extérieur... Le mal est circonscrit. L'ordre règne. Il n'y a que sur les marchés financiers que le désordre se maintient. Nos gouvernants, en la circonstance, sont bien incapables de maîtriser quoi et qui que ce soit. Étonnant, non ?

 

Dans l'ombre, des agents de la désorganisation capitaliste opèreraient-ils ? En tous les cas, nos élites font la démonstration qu'elles ne maîtrisent rien du tout. A terme, cela se traduira par une nouvelle pression économique sur des populations qui, intuitivement, ne savent que trop comment elles seront accommodées à la sauce de l'austérité.

 

Avec la rentrée qui arrive à grands pas, les petits matins empreints d'humidité nous rappellent cette médiocrité du quotidien, triste réalité savamment orchestrée par ceux qui manient la carotte et le bâton. A cela s'ajoute l'enfumage électoral qui approche à vitesse vertigineuse et qui promet -lui aussi- des lendemains qui forcément déchanteront.


L'ordre règne partout, même dans les confédérations syndicales. Il est vrai que cela fait pas mal de temps que l'austérité de la vie quotidienne s'est engouffrée dans tous les foyers. Stoïques, nos centrales restent aux abonnés absents. Elles sont en panne de réformisme et leur autisme n'a d'égal que leur oubli progressif de l'option anarcho-syndicaliste. Qui se souvient de cette dernière ? Qui se souvient de la Charte d'Amiens ?...

 

Bref, pour paraphraser Aldous Huxley, tout semble aller bien dans le meilleur des mondes. Qui affirme le contraire ne peut être considéré que comme un élément trouble ou troublion, un gauchiste, un provocateur qu'il convient de mettre dans un centre de rétention et d'éradiquer très rapidement.


L'ordre... l'ordre... l'ordre... c'est la lutte permanente (et non finale) de toute chefferie pour garder le pouvoir au détriment de tout autonomie humaine. L'être humain souffre, mais où est le drame ?

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