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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 09:30

En ce 31 décembre, rituellement occupé à fêter la nouvelle année, nous sommes heureux de célébrer ce mini événement par une pensée particulière à Pierre-Joseph Proudhon.


31-decembre-Proudhon.jpgLa banalité de ce dernier jour de notre calendrier n'est qu'apparente. Il y eut pour le penseur bisontin quelque chose d'assez inoubliable. Notre homme est en train de purger une peine de prison. Sale temps pour les révolutionnaires car, en Russie, Michel Bakounine croupit aussi dans une géôle, en conséquence de sa participation à l'insurrection de Dresde.


Le putschiste Napoléon III a fermé les bureaux de la Banque du peuple, institution financière créée sur l'initiative de Proudhon. Celui-ci, réfugié à Genève, décide, le 4 juin, de se constituer prisonnier. Il purge une condamnation de trois ans, déterminée à l'occasion d'un délit de presse pour offense au président de la République... Le pouvoir l'enferme à Sainte-Pélagie. Et, durant ce dernier jour de l'année, il épouse une jeune ouvrière - de quatorze ans sa cadette ! - Euphrasie Piégeard, avec laquelle il aura trois ou quatre filles – désolé si, en ce beau jour de fête, ma mémoire est quelque peu embuée !.. N'est-ce pas magnifique et hautement symbolique ? Quel superbe clin d'oeil à ce personnage dont les positions sur la femme continuent encore à choquer certains et certaines...


Mais, trêve de discours ! Il est temps de vous livrer ma source : ses Carnets dont un extrait de son numéro 7 :

 

"31 décembre 1849. — Célébration de mon mariage avec Euphrasie Piégard1, passementière, née à la rue St Denys, âgée de 27 ans. Je n'ai qu'un regret, c'est de n'avoir pas fait ce mariage 4 ans plus tôt. Quand la femme est bonne, mieux vaut plus tôt que plus tard : ce n'est pas rien non plus que de jouir des belles années et de la jeunesse d'une femme.

Le Préfet de Police, M. Carlier, m'autorise à sortir une fois la semaine2; j'en profite pour mon mariage, et deux autres fois encore. Somme toute après six semaines de mariage, j'ai couché trois fois avec ma femme : chose dont je suis loin de me plaindre. Il n'est pas bon, selon moi, d'être toujours ensemble.

 

(1) Celle-ci l'attendait depuis février 1847... Malgré les réti­cences de sa mère, elle était restée fidèle à « l'homme-terreur » et au « prisonnier de M. Carlier ». C'est en novembre 1849 que le mariage avait été décidé.

(2) Comme on le voit, le régime des « politiques » était alors très libéral. Proudhon n'était pas une exception."

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commentaires

caroleone 31/12/2011 14:03

Bonne année révolutionnaire mon camarade Roland et de grosses bises

caroleone

2012 en rouge et noir sur cocomagnanville


http://cocomagnanville.over-blog.com/article-2012-en-rouge-et-noir-95827448.html

Roland 31/12/2011 14:16



2012 : année du changement ? Espérons une nouvelle année qui branle dans le manche et que les mauvaises finiront...


Proudhon et Bakounine, même en enfer, nous surveillent du coin de l'oeil !


Bises à toi Caroléone.



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