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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 18:18

Réflexions militantes

 


Le décalage existant


entre le syndicalisme de base


et les dirigeants syndicaux


ne cesse de s'étendre



Nous avons le plaisir de publier cet article du camarade Jacques Tourtaux, militant CGT, publié dans le blog de Caroleone. Il traduit parfaitement le malaise existant au sein des confédérations ouvrières.

Ce problème des dirigeants n'est malheureusement pas nouveau et est apparu dès que la fonction a été rémunérée. Il s'est accentué avec la difficile révocabilité du permanent par tous ceux qui l'ont élu. Assez rares sont les militants qui refusent cette fonction. Je dois avouer que je fus l'un de ceux-là : tous les mandats régionaux et nationaux dont je fus investis à la CGT-FO ont toujours été assurés à titre bénévole ou dans le cadre des heures de délégation syndicale.

Si une telle pratique s'instituait, il est à parier que le syndicalisme, en revenant au plus près de ses origines, deviendrait plus combatif parce que plus insaisissable. En jouant les cartes du paritarisme et de l'octroi des subventions publics, les confédérations portent une lourde responsabilité dans ce dévoiement.

Est-ce qu'un retour aux sources est possible ? On peut y croire... toutefois, il semble difficile de suivre Jacques dans son espoir d'un sursaut des syndicats et des U.L. face à leurs permanents A l'exemple de 1968, seule une lame de fond profonde pourrait démarrer ce processus. Mais, contrairement à 1968, il importe que cette lame perdure bien au-delà des quelques semaines qui agitèrent la France et qui firent peur au pouvoir.

Saluons l'auteur pour son travail de réflexion qui, indiscutablement, a le mérite de poser un vrai problème. Le débat est ouvert !

Roland Bosdeveix



Voix-du-Peuple-1906.jpg  "Il est évident que lorsque l'on fait carrière dans le syndicalisme... réformiste et que de ce fait, on ne connait pas les fins de mois difficiles, on ne peut pas réagir de la même façon que les camarades qui peinent chaque mois pour joindre les deux bouts.

Les salaires de nos dirigeants syndicaux que d'ailleurs je ne connais pas mais qui sont ceux de cadres, y compris au niveau des Unions Départementales, ne sont pas comparables avec ceux des gueux qui vivent des situations dramatiques et connaissent ou vont connaître par millions, travailleurs précaires, actifs, chômeurs ou retraités, une aggravation de leur misérable vie.

Tant que les donneurs de leçons n'auront pas compris cela, le fossé s'élargira entre les couches modestes de la population et celles qui ont un confort inaccessible pour nous qui ne sommes que des gueux.

Je comprends parfaitement les appels au secours de nombreux internautes qui crient leur colère et leur impuissance sur leurs blogs mais, si nous n'arrivons pas à nous rassembler, par le biais d'internet qui est un outil militant formidable pour qui sait l'exploiter, je ne vois pas d'issue.

Les discours ne servent à rien, seuls comptent les actes.

Je ne cacherai pas que je vais être de plus en plus virulent sur mon blog, le n'ai plus rien à perdre, que mes chaînes. Je suis de ceux qui, chaque mois, tendent le dos à se demander ce que l'autre enfoiré va encore nous inventer pour nous humilier à en crever pour certains d'entre nous.

Nous travaillons comme des bêtes sur nos blogs. Des camarades de la CGT notamment opinent du chef, nous comprennent, disent souvent comme nous mais, continuent d"écouter et de diffuser la parole des leaders syndicaux.

La gravité de la situation interdit aux militants d'être assis entre deux chaises. Il faut choisir entre ramper ou résister.

Il ne faut pas perdre de vue que si le 7 au soir, les travailleurs cessent la lutte ou si celle-ci continue isolément pour quelques ilots de résistance, ces travailleurs syndiqués ou non et l'ensemble de la classe ouvrière, seront les grands perdants de la gigantesque farce menée par le tandem Chérèque/Thibault qui permettra à Sarkozy d'accentuer la répression contre les salauds de pauvres.

Nous n'avons pas d'autre choix que de bloquer tous ensemble le pays et là, le peuple suivra.

Je suis démonté lorsque je lis que dans des organismes sociaux comme la Sécu, les appels à la grève sont pour une période de 0h55.

Les enjeux sont tellement graves puisqu'il y va de la survie des plus pauvres, que je ne puis comprendre que l'on ne fasse pas grève. Pour moi, 55 minutes, ce n'est pas une grève, c'est une mascarade au regard des sacrifices consentis par nos aînés, par les générations suivantes et par ceux qui luttent actuellement en tentant désespérément de défendre leur outil de travail.

Je disais donc que si l'ensemble de la classe ouvrière et ses syndicat et Unions Locales ne prennent pas conscience de la nature de la gravité de ce qui les attend, s'ils continuent à suivre béatement comme des moutons des dirigeants qu'ils faut bousculer dans leur tour d'ivoire, la chasse aux sorcières qui existe déjà dans la CGT notamment, va s'accentuer, tant de la part des despotes qui gouvernent le pays que des directions syndicales réformistes qui rejettent les militants de lutte de classe et se font les complices de nos ennemis de classe.

J'ai évoqué la CGT parce que je sais qu'en dépit de la félonie de certains de ses dirigeants, les militants ont toujours été et seront toujours le fer de lance de la CGT et de la classe ouvrière.

Tout en sachant que la classe ouvrière n'est plus si nombreuse qu'autrefois, je maintiens que ce qui a été possible en 68 l'est tout autant en 2010. Il suffit d'en avoir la volonté politique, ce que je ne perçois pas actuellement, loin s'en faut, chez nos dirigeants syndicaux.

En 68, dis-je, si la grève a été trahie, ce n'est pas le fait des travailleurs à la base qui se sont battus sur des positions de classe puisque la grève est partie de la base et qu'il n'y a pas eu, d'ordre de grève générale illimitée de la confédération.

Les décisions de reconduite du mouvement étaient prises à la base, sur le tas, chaque jour en assemblée générale par les grévistes.

Des militants combatifs, il en existe toujours mais, ce n'est pas en regardant les copains lutter que l'on va créer le rapport de forces indispensable à toute lutte pour qu'elle soit victorieuse."

Jacques TOURTAUX

Cheminot retraité CGT

http://jacques.tourtaux.over-blog.com.over-blog.com/

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commentaires

Tourtaux 29/08/2010 18:52


Bonsoir camarade,

Je viens de relire ton commentaire suite à mon article.
Tout d'abord, si je me remet un peu à écrire, c'est que la situation est extrêmement grave et qu'il n'y a pas une seconde à perdre, surtout pour les petites gens qui ne s'en sortent plus.
Tout se joue en ce moment et tout va dépendre des militants de classe. Pour moi, militant ouvrier, l'heure n'est plus à se poser des questions, mais à l'action.
Tout ce que tu écris, je le sais mais il me semble que la situation dramatique dans laquelle va nous plonger Sarkozy doit plutôt nous pousser à l'union à la BASE qu'à dire qu'il n'y a rien à
attendre d'un sursaut des syndicats de base et des UL qui sont l'expression de la base. C'est très démobilisateur.
Si la réformiste direction confédérale de la CGT veut la peau des UL, ce n'est pas pour rien.
Ce que je sais, c'est que nous ne pouvons pas rester de marbre face aux assauts du gouvernement.
Il n'est plus possible de reculer pour mieux sauter. Si tu as bien lu mon article et les autres, tu peux voir qu'il s'agit de cris du coeur.
Nous n'en pouvons plus et ce n'est pas en écartant la base combative que nous allons pouvoir défendre nos acquis.
Chacun est libre de penser ce qu'il veut mais moi, j'ai toujours été un actif lutteur et je ne peux admettre que l'on attende de recevoir des coups, sous prétexte que ce n'est pas le moment ou je
ne sais quoi d'autre.
Les syndicats et leurs UL ne sont-ils pas l'expression directe des travailleurs?
Tu n'ignores tout de même pas que sans la création d'un rapport de forces conséquent, ce gouvernement a de beaux jours devant lui.
Que proposes-tu si tu penses que les syndicats et les UL ne sont pas capables d'un sursaut?
Jacques Tourtaux


Roland 29/08/2010 20:07



Jacques, je te comprends et je reçois parfaitement ton point de vue avec lequel, dans l'ensemble, je suis en accord.


Il ne s'agit pas d'être défaitiste mais tout simplement réaliste. Tu as fait un état des lieux assez précis. Dans ton texte tu nous a parlé de mai 1968 : si la CGT n'a pas suivi, la raison était
évidente : la mainmise du PCF sur l'organisation confédérale était, à l'époque, particulièrement forte et il n'était pas question de tolérer un dépassement par la base (il y aurait fort à dire
sur sa stratégie du moment). Malgré que le contexte politique ne soit plus le même, je pense qu'en cas d'un nouveau et fort mouvement de la classe ouvrière, toutes les structures syndicales
chercheront à reprendre la situation en main ...au prix d'une certaine compromission. J'ose espérer que les plus petites structures de base : U.L. et syndicats d'entreprise ne jouent pas ce jeu.
Certaines, minoritaires, le feront mais j'en doute pour le plus grand nombre. De plus, le fractionnement syndical voulu par les possédants, n'arrangent rien pour développer des pratiques
unitaires.


Il faudrait pouvoir mesurer le niveau de la conscience de classe. A mon avis, il n'est pas terrible et c'est bien là toute la difficulté. Je ne sais pas d'où et comment pourra venir ce ras-le-bol
attendu. Alors courage. Il n'est pas question de dire que tout est "foutu" et se démobiliser. Il nous faut continuer à expliquer les causes des difficultés économiques et des contradictions
concrètes que chacun de nous subit. Il nous faut proposer des pratiques autogestionnaires coordonnées, dans l'esprit de ces comités de lutte qui, épisodiquement, voient le jour et dont les
pratiques autonomes dérangent tous ceux qui sont chargés d'exercer le contrôle, donc le pouvoir, sur les masses.


 



caroleone 28/08/2010 17:24


merci pour ton analyse oh! combien importante Roland. Je ne savais pas que tu avais été délégué syndical, bravo en tout cas pour tous tes engagements qui sont exemplaires et dénués de tout intérêt
personnel.


Roland 28/08/2010 18:40



Pour le pédigrée syndical je ne résiste pas à te le donner dans l'ordre. Adhérent CGT-Livre ensuite FO-Santé : délégué, membre de la Com.Exé. de l'U.R. des syndicats FO de l'Ile-de-France,
négociateur d'une convention collective, fondateur de la Féd. Action sociale FO, enfin secrétaire départemental.


Je n'en tire aucune gloriole sinon seulement du plaisir, celui d'avoir contribué à servir, en conscience, l'intéret de tous ceux qui triment...



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