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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 17:51

 

Une fois de plus l'extrémisme religieux fait des siennes.


Saluons le communiqué d'un cartel d'organisations emmené par Solidarité Laïque. Il est regrettable que, parmi tous les laïques, un certain nombre d'orhganisations soient restées à quai. Peu importe ! Souhaitons que cette déclaration ne soit pas rapidement ensevelie par ce redoutable vent de sable de l'indifférence.

 

Soli-laique.jpg

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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 08:06

 

LETTRE OUVERTE

aux Autorités cantonales et communales valaisannes et fribourgeoises.

 

Gentes dames et preux chevaliers ayant autorité sur nos deux cantons réputés catholiques !

 

Vous voici satisfaits et réjouis : le scieur de croix fribourgeois a donc été condamné à des jours amende et à quelques centaines de francs. Avec sursis, regretterez-vous sans doute. L'important n'est-il pas que la dite condamnation, même ainsi édulcorée, ait été répercutée par l'ATS avec les retombées que l'on sait: journaux, TV et radio? On vous imagine dans vos bureaux, pourtant réputés laïcs mais néanmoins bardés de crucifix, poussant votre ouf ! de soulagement : les apparences sont sauves et, suprême objet de délectation, le mot "vandalisme" figure sinon dans le jugement du moins dans ses comptes rendus médiatiques. Un triomphe !

 

diable.jpgJe ne suis pas habilité à commenter cet évènement au nom de la Libre Pensée. D'évidence, le mouvement de la Libre Pensée ne pouvait accorder sa caution officielle à un acte empreint de spontanéité que d'aucuns qualifieraient de juvénile malgré l'âge mûr de son auteur et dont les retombées prévisibles ne sont pas de nature à conforter l'image pacifique, pacifiste et tolérante qu'il entend donner de soi aux populations. Nous laissons le soin aux tenants des trois religions monothéistes, judaïsme, islam et christianisme de s'étriper - au sens propre et sanguinolent du terme - allègrement face à l'Histoire passée et actuelle. Suivez mon regard urbi et orbi.

 

Cet épisode consommé et assumé, nous ne saurions, nous libres penseurs, manquer cette occasion de vous encourager encore et encore, vous conseillers d'Etat cantonaux et vous, conseillers communaux, à multiplier par dix, que dis-je, par cent, ans nos deux cantons romands Valais et Fribourg, sur chaque cime, sur chaque colline, chaque promontoire, chaque taupinière le nombre de vos croix publicitaires et de vos crucifix ensanglantés appelant les populations au culte masochiste de la souffrance, votre sport de prédilection. Priez et gémissez ! Faites-vous plaisir à inaugurer tant et plus ces innombrables symboles d'une église catholique dont l'histoire passée et présente retiendra en fait de qualificatifs ceux de :

- une secte qui doit l'essentiel de sa prospérité financière à l'exploitation de la crédulité humaine à coups de messes payantes pour l'hypothétique repos d'improbables âmes en attente de salut éternel au royaume du Purgatoire, géniale escroquerie s'il en fut jamais de plus séculairement réussie ;

- une secte qui a régné et règne encore en terroriste sur ses fidèles à coups de menaces de damnation éternelle dans les flammes de l'enfer ;

- une secte cynique qui se distingue par la répression sexuelle et préfère l'expansion du fléau du Sida au recours à toute forme de contraception, et tant pis pour les millions d'humains ainsi sacrifiés ;

- une secte dont l'antisémitisme remonte à ses origines mêmes et s'est  en cela distinguée du règne d'Isabelle la catholique à celui du nazisme triomphant ;

- une secte complice et protectrice des pires tyrans de la planète qui eurent nom Pinochet, Franco et autres crapules bien en cour au Vatican ;

- une secte affairiste empêtrée dans les scandales à répétition de ses banques du Vatican, Banco Ambrosiano ou des œuvres de religion ;

- une secte scandaleuse offrant protection et impunité à des dizaines de milliers de ses ministres pratiquant la pédophilie criminelle comme d'autres vont aux fleurs ;

- une secte qui abuse des espaces publics pour perpétuer par l'implantation choquante de ces croix sa déclaration de guerre sainte aux autres religions et aux citoyens coupables à ses yeux du crime d'incroyance.

 

Mesdames et Messieurs les détenteurs de l'autorité dans les cantons et communes du Valais et de Fribourg, persévérez dans votre condescendance à l'endroit des fanatiques Croisés ! Et tant pis si nos deux cantons catholiques sont l'objet de l'hilarité générale de la part de leurs visiteurs incrédules devant pareille manifestation de moeurs dignes d'époques révolues à l'heure où la pratique de la religion catholique est tombée au niveau de celle... de la sorcellerie et autres croyances plus ou moins imbéciles. Ne privez pas les populations d'autant d'éclats de rire que nos taupinières comptent de croix et crucifix souillant nos beaux paysages. Mesdames et Messieurs les conseillers d'Etat et municipaux, ne serait-il pas grand temps pour vous d'émerger de vos siècles ancestraux où croix et crucifix trônaient dans les tribunaux de l'Inquisition? Votre chance première est que... le ridicule ne vous ait pas encore tués. Mais cela ne saurait tarder. Bonne traversée! Bon purgatoire !

 

Ironiquement votre.

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 10:47

 

Le 24 février dernier, ici même nous avons publié le point de vue très critique de Henri Pena-Ruiz, faisant suite à la proposition du candidat Hollande de constitutionnaliser la loi de 1905 en intégrant l'exception d'Alsace-Moselle.

 

La réaction du Collectif Laïque regroupant les principales associations laïques du pays ne s'est pas faite attendre. Félicitons les signataires et regrettons l'absence et le silence assourdissant d'autres membres de ce collectif, en particulier celle de toutes les obédiences maçonniques autres que le Grand Orient de France. Envisagent-elles de se taire durant toute la campagne alors qu'un certain nombre de candidats tirent, à hue et à dia, sur cette laïcité "à la française" ? Si tel est le cas c'est bien dommage.

 

Qu'il nous soit permis de saluer la seule obédience française qui affirme clairement son positionnement laïque permanent.


Communique-29_02_2012.jpg

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 19:18

 

Le halal pour nos pioupious se distribue même en ration. La preuve  ? lisez  l'étiquetage ci-dessous :

 Ration-halal.jpg 

 

 

Cela donnera-t-il raison à cette laïque frontiste, version racines chrétiennes ? Vous n'ignorez pas de qui je veux parler. Avouez tout de même que c'est un drôle de porte-drapeau de la cause laïque...


Marine--Large-.jpgBien qu'il soit pressuré, rincé, vidé, bien qu'il continue à voter principalement conservateur et ultra-conservateur, que fait ce lobbie agricole pour refuser de fournir auprès d'abattoirs religieux sa viande destinée à ses enfants-soldats, chargés de défendre nos remparts ?


En tous les cas, voici encore un exemple supplémentaire de non-respect de la laïcité dans les cantines et les mess de la République. C'est bien triste et pourvu que cela ne ranime pas davantage le feu d'une guerre de religions qui ne cesse de couver.


Drôle d'ambiance en ces temps électoraux. Tout comme ce repas que nous relate l'ami Floréal dans son blog (voir le lien) :


"L’autre jour, l’ami Jean et sa sœur Bernadette sont venus déjeuner chez moi. J’avais, pour l’occasion, acheté trois beaux steaks probablement hallalisés car provenant de la boucherie du coin, la seule ouverte, dans un quartier populaire de Paris. De son côté, l’ami Jean avait pensé à la boisson et apporté une bonne bouteille de vin rouge venue de l’épicerie casher dudit quartier, la seule encore ouverte ce jour-là. Pour faire bonne mesure, et en plaisantant, Bernadette avait pris soin, à l’aide d’un couteau, de faire le signe de croix sur la baguette de pain avant de la couper en tranches.

Depuis ce jour et ce repas funeste où les dieux nous bénirent malgré nous, la contamination opère. Il ne nous est plus possible d’entretenir une conversation sans qu’elle tourne illico à l’engueulade et au pugilat. Le conflit israélo-palestinien, les cantines scolaires, le mariage des prêtres, tout nous oppose désormais, quand nous étions naguère d’accord sur tout, du temps où nous déjeunions ensemble chez Roger la Frite en bouffant du curé à toutes les sauces.

Bon appétit !…"

 

Bon appétit tout de même Floréal !

              Bon appétit "Braves soldat du XVIIe" !

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 10:08

 

Nous sommes heureux de publier cette lettre ouverte d'Henri Pena-Ruiz, parue dans le journal Le Monde du 23 février 2012. Clair et témoignant d'une parfaite connaissance du sujet, son auteur possède également le mérite de faire preuve de pédagogie.

 

Le philosophe sera-t-il entendu ? Les associations laïques qui défendent le même discours le seront-elles aussi ? On ne peut qu'en douter, malheureusement...

 

"Je m'étais réjoui d'entendre François Hollande afficher sa volonté de conforter la laïcité. Je suis aujourd'hui consterné de la tournure prise par une telle promesse. Pour la laïcité cela vire au cauchemar. D'une part seul le premier article de la loi de 1905 est mentionné littéralement dans le projet de constitutionnalisation. D'autre part le concordat encore en vigueur en Alsace-Moselle, liste de privilèges publics de trois religions octroyés par Napoléon en 1801 et en 1807, est promu au rang constitutionnel.


Bref, l'égalité prévue par l'article deux est censurée, et les privilèges concordataires sont renforcés dans la hiérarchie des normes ! Si les choses demeurent en l'état non seulement le programme du Parti socialiste (PS) ne renforce pas la laïcité mais il l'affaiblit… Pendant cinq années de pouvoir sarkozien, la laïcité a reçu des coups très durs. Maintenant, alors que l'espoir renaissait de la promouvoir, voici venir un nouveau coup, inattendu, politiquement paradoxal ! Ce serait une étrange façon de faire de la politique que de rassurer les partisans du maintien de privilèges en désespérant les partisans de l'égalité républicaine, croyants et athées réunis. Dialoguons malgré tout sans polémique sur les deux points en jeu.


Francois-2.jpgLe premier point concerne les deux articles indissociables du titre premier de la loi de 1905. C'est une faute de ne pas mettre sur le même plan l'article deux et l'article premier. Pourtant, les énoncés sont simples, nets, purs comme du cristal. Jaurès s'en est expliqué. Lisons. Le premier article dit haut et fort "Liberté !": "La République assure la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes." Le second article dit haut et fort "Egalité !" :  "La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte." L'Etat porteur du bien public – res publica – n'a pas à privilégier les croyants, pas plus d'ailleurs que les athées. Ni statut de droit public, ni financements d'aucune sorte, pour une croyance qui n'engage qu'une partie des citoyens. La santé, l'instruction, la culture, elles, sont le bien de tous, et méritent tous les égards. Pour Jaurès, la chose était claire : supprimer le budget des cultes, ce n'est nullement nuire aux croyants, car le transfert de l'argent public à ce qui est universel, commun à tous, profite autant aux croyants qu'aux athées. Bref, il faut absolument constitutionnaliser littéralement les deux articles de la loi de 1905, réunis sous le titre "Principes". Il serait étrange qu'un parti dit socialiste laisse tomber l'égalité de celui qui croit au ciel et de celui qui n'y croit pas…


Le deuxième point concerne le droit local d'Alsace Moselle. Ce droit local comporte deux composantes complètement distinctes et de généalogies à la fois historiques et nationales sans aucun rapport. D'un côté le concordat napoléonien de 1801-1807, loi française ; de l'autre le droit social promu par Bismarck pour endiguer la radicalisation révolutionnaire, loi allemande. Les religieux crispés sur leur privilèges concordataires prétendent qu'ils sont inséparables des droits sociaux. Ils mentent, et trompent le peuple. On peut supprimer le concordat sans toucher aux droits sociaux spécifiques aux habitants de l'Alsace Moselle. S'il faut rassurer les électeurs, c'est ainsi qu'on peut le faire dans le respect des principes indissociables de liberté et d'égalité. Je comprends mal l'argument du "respect d'une histoire particulière". Nulle tradition n'est a priori respectable. La notion machiste de chef de famille, l'infériorisation des femmes, des homosexuels, des francs-maçons, des humanistes athées, ont longtemps fait partie des traditions occidentales. Fallait-il les respecter ?


François Hollande, il est encore temps de rétablir les choses. On peut comprendre que certains religieux cherchent à préserver leurs privilèges, et vous le fassent savoir. Encore qu'ils montrent ainsi qu'ils pensent davantage à la terre qu'au ciel. On ne peut comprendre que vous renforciez juridiquement ces privilèges, en les constitutionalisant. Vous ne pouvez raturer ainsi l'égalité républicaine des athées des croyants et des agnostiques. Surtout vous qui êtes du même parti que Jean Jaurès. Est-il légitime que des athées soient tenus de subventionner, par l'impôt, un culte religieux ? L'argent public ne doit pas servir l'intérêt particulier mais l'intérêt général. Au moment où vous militez pour une gestion rigoureuse de la dépense publique, on peut s'étonner de votre position. Que ferez-vous demain si des libres penseurs ou des francs maçons vous demandent de l'argent pour leurs lieux de réunion ? Allez vous consacrer une approche discriminatoire qui donne aux croyants un statut de droit public alors que les athées sont confinés dans la sphère privée ? De grâce laissez à Nicolas Sarkozy le soin de considérer que la religion est un service public, le supplément d'âme d'un monde sans âme. Et laissez les croyants pratiquer leur religion de façon désintéressée, sans assistance de la puissance publique. Ce souci d'avantages temporels n'a rien à voir avec la spiritualité religieuse, comme vient de l'affirmer l'Observatoire chrétien de la laïcité.


François Hollande, mettez vos pas dans ceux de Jaurès plutôt que dans ceux des fossoyeurs de la laïcité. Ici comme ailleurs, c'est d'une gauche laïque et sociale décomplexée qu'a besoin le pays. Je suis sûr que les électeurs sont parfaitement en mesure de comprendre et d'accepter ce langage, qui est celui du vrai et du juste."

Henri Pena-Ruiz

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 11:47

Décidément, il récidive celui qui devrait, ce soir, annoncer sa plus que probable candidature à l'élection présidentielle..


Dans son interview du 11 février 2012 paru dans le journal tenu par ses proches amis, il nous en remet une couche sur les racines chrétiennes de la nation, des fois que nous aurions oublié son discours de Latran. Félicitons l'Observatoire de la Laïcité pour avoir "pondu" un excellent communiqué qui précise bien les caractéristiques de la démarcation entre la France et la République.

 

Au cas où ce communiqué vous aurait échappé dans l'édition suivante du dit journal tenu par ses proches amis, permettez-nous de vous le donner ci-dessous :


 

Communique-Obs.-Internat.Laicite.jpg

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 14:07

 

Le candidat Hollande du Parti socialiste l'a promis : inscrire la loi de 1905 dans la Constitution de la République. Mais - damnation ! - sans doute a-t-il oublié de compter sur l'avis de ses amis, en l'occurence le sénateur Alain Richard.


Cet ancien ministre de la Défense sous le gouvernement Jospin n'a pas oublié ses origines. Ancien du PSU, il en a sans doute gardé les racines chrétiennes au point de prêter allégeance, en quelque sorte, à ses inspirateurs du catholicisme social. Afin de vous informer de quoi il en retourne, nous publions ce communiqué de l'Union des Familles Laïques. Il est suivi des premières réactions : la nôtre puis celle d'un ami, en pied d'article et sous forme de commentaires.


Vous pouvez manifester votre stupeur en écrivant à ce sénateur : a.richard@senat.fr. Et, si vous le souhaitez, nous pourrons, ci-après, publier votre réponse.

 

UFALFlash - 24.01.2012. Une proposition de loi, déposée au Sénat par Mme Françoise LABORDE (RDSE), visait à étendre le respect du principe de laïcité aux crèches privées, suite à l'affaire récente de l'association Baby-Loup. On rappelle néanmoins que la Cour d’Appel de Versailles avait confirmé la validité du règlement intérieur de cette crèche privée subventionnée, imposant à ses salariés la neutralité religieuse : toutes les dispositions initiales proposées n’étaient sans doute pas exemptes de défauts.

Mais le pire est venu des amendements présentés par Alain Richard (PS), et adoptés par la majorité sénatoriale. Véritablement détournée, la proposition a été votée par le Sénat le 17 janvier 2012, et transmise à l’Assemblée Nationale.

L’article 2 introduit subrepticement deux dispositions contraires au principe de séparation posé par la loi de 1905 :

« Les deux alinéas précédents [obligation de neutralité du personnel] ne sont pas applicables aux personnes morales de droit privé se prévalant d’un caractère propre porté à la connaissance du public intéressé. Toutefois, lorsqu’elles bénéficient d’une aide financière publique, ces personnes morales accueillent tous les mineurs, sans distinction d’origine, d’opinion ou de croyances. Leurs activités assurent le respect de la liberté de conscience des mineurs. »

Ainsi serait explicitement introduite la possibilité pour les collectivités publiques de subventionner les crèches confessionnelles (comme le fait la Mairie de Paris avec les crèches Loubavitch). La condition vertueusement posée d’« accueillir tous les mineurs, sans distinction d’origine, d’opinion ou de croyance » et de « respecter la liberté de conscience des mineurs » ne saurait masquer cette nouvelle atteinte au principe de séparation.

De surcroît, serait étendue aux crèches confessionnelles la notion de « caractère propre », qui ne s’appliquait jusqu’ici qu’au seul enseignement scolaire. Or ce principe a été inventé de toutes pièces par le Conseil Constitutionnel en 1977 pour justifier le subventionnement public de l’enseignement privé confessionnel sous contrat (loi Guermeur) : c’est de ce fâcheux précédent que se réclame explicitement Alain Richard. Les défenseurs de la laïcité de l’école publique apprécieront ce soutien inattendu aux lois scolaires anti-laïques.

Les débats montrent, hélas, que sur ces deux points, aucune contestation de fond ne s’est exprimée.

Cette remise en cause, venant de la gauche, est préoccupante : « se faisant un paravent du manteau de la laïcité », elle fait suite à celles du Conseil d’État (arrêts du 19 juillet 2011) étendant les possibilités de subventions publiques d’investissement aux cultes. Que vaut, dès lors, l’engagement du candidat socialiste à la Présidence de la République de « constitutionnaliser la loi de 1905 » ?

L’UFAL réaffirme que la laïcité ne peut se concevoir sans l’application intégrale du principe de séparation proclamé par l’article 2 de la loi de 1905 : « la République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte. »

 

 

TOUTES PREMIERES REACTIONS SUR LE BLOG :

Monsieur le Sénateur,
Permettez-moi d'être scandalisé par les amendements que vous avez suggérés et réussi à faire adopter concernant le projet de loi déposée par Mme F. Laborde.
Vos propositions sont bien en deçà et fort éloignées de celles que bâtirent vos illustres prédécesseurs un certain 9 décembre 1905. J'espère que les forces du marché, notamment celles qui concernent tout ce secteur de l'enfance - dont vous n'êtes pas sans ignorer la puissante relation qui les unit avec les institutions religieuses - vous en seront gré.
Ai-je bien compris que vous étiez socialiste ? Un socialiste pour le moins étonnant car son devoir de mémoire semble confiner à une forte amnésie du viril combat mené par MM. Combes, Briand, Allard, Jaurès, Sembat, etc.
Par vos propositions, Monsieur le Sénateur, vous avez délibérément choisi votre camp. Ce n'est pas le mien ni  de ceux qui se réclament des Lumières.

R.B.

.../..

 

Monsieur le Sénateur,
Les amendements que vous avez proposés et qui ont été adoptés, concernant le projet de loi déposée par Madame la Sénatrice F. LABORDE, vont à l’encontre de l’engagement pris par le candidat socialiste à la Présidence de la République, le camarade François HOLLANDE, d’inscrire la loi du 9 décembre 1905 dans la constitution de la République Française.
Libre penseur socialiste me réclamant des valeurs qui animaient messieurs COMBES, BRIAND, ALLARD, JAURÈS, SEMBAT et tous ceux qui depuis plus de cent ans se sont battus pour l’application et le respect de la loi du 9 décembre 1905, j’ai honte aujourd’hui qu’un socialiste puisse être le servile commanditaire des institutions religieuses.
Je ressens aujourd’hui un déshonneur de me réclamer du même parti que vous.
Veuillez accepter, Monsieur le Sénateur, mes salutations Laïques et Républicaines

M.S.

.../..

 

Monsieur le Sénateur,

Quand j'ai pris connaissance de l'amendement que vous avez déposé au bon texte proposé par votre collègue RDSE Françoise Laborde concernant l'extension de la neutralité laïque aux crèches privées, je n'en ai pas cru mes lunettes. C'est vous, un membre du parti socialiste, qui demandez l'extension des scélérates lois Debré et Guermeur - que votre parti a combattues - au domaine de la petite enfance ! Vous ne vous contentez pas de la palinodie consistant à renoncer au juste combat de vos prédécesseurs contre les lois antilaïques subventionnant l'enseignement privé confessionnel, vous effectuez une besogne qu'on aurait pu craindre de la part de la droite réactionnaire et cléricale. Soyez cohérent : demandez votre adhésion au parti chrétien-social de Christine Boutin.

Honte à vous.

D.P., militant laïque

.../..

 

Communiqué de l'Association des Libres Penseurs de France

Une proposition de loi qui aurait pu être laïque.

Françoise Laborde, élue radicale de gauche de Haute-Garonne, membre du groupe RDSE du Sénat, a déposé devant cette assemblée une loi visant à étendre le respect du principe de laïcité aux crèches privées, conformément à l’arrêt du 12 septembre dernier de la Cour d’Appel de Versailles statuant en dernier ressort sur l’affaire Baby-Loup. Tous les laïques et, donc, les libres penseurs auraient pu se réjouir de cette initiative propre à faire progresser la laïcité institutionnelle dans le secteur privé et surtout à assurer partout le respect de la liberté de conscience des enfants et des familles.

Malheureusement, le sénateur Alain Richard (PS Val d’Oise) a présenté un amendement inséré au 3ème alinéa de l’article 2 : « Les deux alinéas précédents [stipulant la neutralité du personnel] ne sont pas applicables aux personnes morales de droit privé se prévalant d’un caractère propre (…). Toutefois, lorsqu’elles bénéficient d’une aide financière publique, ces personnes morales accueillent tous les mineurs, sans distinction d’origine, d’opinion ou de croyance. Leurs activités assurent le respect de la liberté de conscience des mineurs ».

La majorité sénatoriale a adopté le texte ainsi amendé, semble-t-il au grand dam de l’initiatrice de la proposition.

Ainsi serait officialisé le droit pour les collectivités publiques de subventionner des communautés religieuses gérant des crèches confessionnelles (e.g. la mairie de Paris subsidiant les crèches intégristes Loubavich), en contradiction totale tant avec la loi de 1905 qu’avec l’arrêt Baby-Loup de la Cour d’Appel de Versailles. Le semblant de précaution pris à la fin de l’alinéa – « accueillir tous les mineurs sans distinction » et assurer « le respect de la liberté de conscience des mineurs »  - est vide de sens et ne leurre personne. Il constitue un faux nez grotesque puisqu’il est précédé du permis de subventionner par des fonds publics le fait d’exposer les enfants à toute forme de prosélytisme. Cet amendement permet d’étendre aux crèches confessionnelles la notion de « caractère propre », réservé jusqu’alors aux seuls scolaires pour justifier la prise en charge publique de l’enseignement privé confessionnel en application des scélérates lois Debré (1959) et Guermeur (1976).

L’Association Des Libres Penseurs de France (ADLPF) considère l’amendement Richard comme une véritable cuillerée de goudron infestant le tonneau de miel du texte initial. Il utilise la laïcité pour mieux la poignarder. Il est navrant de constater qu’il émane d’un élu d’un parti progressiste et que la majorité sénatoriale l’a gobé, se plaçant ainsi en contradiction avec l’article 2 de la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat disposant que « la république ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ». L’ADLPF souhaite que la navette parlementaire que subira le texte, avec une prochaine Assemblée Nationale soucieuse de défendre la laïcité, puisse réparer ce grave accroc à ce principe constitutionnel essentiel.

.../..

 

Monsieur, votre ajout à la proposition de  Loi de Mme Laborde sur les "personnes morales de droit privé (à) caractère propre (...) lorsqu'elles bénéficient d'une aide financière publique"  introduit l'aide aux crèches privées confessionnelles. A l'instar de mes camarades, je suis catastrophé de ce recul.

Je ne vous salue pas.

F.L., Libre Penseur non engagé (sans lien avec un groupuscule...)

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 18:06

 

Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi nous gratifient d'un second ouvrage*, positionné sur la même thématique que son prédécesseur. Pour les auteurs - c'est évident - il s'agit de "poursuivre l'œuvre d'information citoyenne initiée en 2008", c'est-à-dire l'année de la parution de Main basse sur l'école publique.

 

Ce premier livre faisait une constatation sans concessions du délitement de l'école publique, sur laquelle, depuis fort longtemps, une OPA réactionnaire était lancée. Le second ouvrage va encore plus loin sur l'analyse du démontage opéré par les tenants d'une école prétendue libre. Certainement libre pour aider à la déstructuration de la "laïque" ; libre aussi pour participer à son dépeçage systématique.

 

Khaldi-Fitoussi LivreLe titre, un brin provocateur, pourra peut-être décontenancer le lecteur. Pourtant, il ne gâte en rien le contenu. L'ouvrage dresse un constat accablant, dramatique et, disons-le, alarmant ! Le style est clair et direct. Il va à l'essentiel sans s'encombrer de formules tarabiscotées, chères à tous les spécialistes dignes des grandes écoles. Pour nous, l'objectif fixé par les auteurs est atteint. La république est devenue folle ! Ceux qui la dirigent agissent contre l'école publique, celle-là même qui a su construire patiemment l'identité républicaine.

 

En premier lieu, nous trouvons nos gouvernants, plus de droite que de gauche. A propos de ces derniers, les auteurs nous semblent quelque peu timorés. Le personnel politique a fourni, depuis la loi Debré et même avant, autant de verges pour fouetter avec violence l'institution. Les causes en sont établis et fort bien détaillées par nos auteurs.

 

Ensuite évidemment, nous retrouvons l'église. Elle qui cherche, d'une façon ou d'une autre depuis 1905, à reprendre la main sur la société civile, une société qui ne la reconnaît plus en termes de fréquentation religieuse. L'enseignement privé : de la maternelle à l'université en passant maintenant par les jardins d'enfants, reste son principal cheval de Troie pour tenter la reconquête.

 

Enfin, une troisième équipe, toute transversale, celle des tenants du libéralisme et du néo-libéralisme. Au nom de la "sacro-sainte" liberté, elle entend placer sur le même pied d'égalité, par la concurrence, les deux principales structures d'enseignement. En bref, de joyeux larrons fort décidés à travers leurs multiples et influents réseaux, à réduire, sinon détruire, l'école des hussards de la République.

 

Tout cela est relaté dans ces trois cent pages qui nous démangent du début jusqu'à la fin. Vous l'avez compris : les auteurs ne prennent ni gants ni quatre chemins pour démonter les méthodes employées par ces puissants commanditaires. Au scalpel et sans anesthésie locale, ils attaquent les chairs vives de ses fossoyeurs de la "laïque".

Alors, Ami lecteur, court vite te procurer ce livre. Après en avoir fermé la dernière page*, nous formons l'espoir que tu auras un magnifique sursaut citoyen. Tel est le pari que font Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi. En cette fin d'année qui se profile, nous ne pouvons pas formuler d'autre vœu ...sinon celui de sa réussite éditoriale.

     

 

* La République contre son école - EddyKhaldi etMurielFitoussi - Demopolis,octobre 2011,330 pages, 21.

 

**Deux annexes fort instructives : expansionnisme de l'enseignement privé et réseaux communautaires, bouclent l'ouvrage.

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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 14:06

 

En ces temps passablement nauséabonds d'une reliogisité galopante qui envahit espace public et médias aux ordres, laissez-vous aller à la lecture de cette brève poésie militante envoyée par notre camarade  :

 

FOUTREDIEU !

 

Un vieux refrain immonde

Nous revient, insidieux

De partout dans le monde

On nous parle de Dieu

 

Nous devons sans relâche

Recevoir dans les dents

Le discours de ces lâches

Que l’on nomme croyants

 

Vous vous croyez bien sûrs

Eternels oppresseurs

D’être nouveaux et purs

Ou plutôt ….de faire peur

 

Bientôt tu envieras

Cagoulard, calotin

Et lapideur fana

…Les manifestants tibétains

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 16:00

 

Quand la Fédération Nationale de la Libre Pensée (FNLP) communique cela fait remonter de drôles d'odeurs bizarres.


Le 4 octobre, la FNLP explose la position du Haut Conseil à l'Intégration qu'elle appelle dans son communiqué - probablement par méconnaissance - "Haut Comité". Elle l'explose donc non en raison du label : Haut Conseil machin-chose - comme si l'intégration avait besoin d'une telle structure - mais parce que ce Conseil n'a pas l'heur de lui convenir quand il publie un avis, en date du 1erseptembre 2011, qui ne cadre pas avec sa conception très étriquée de la Laïcité.

 

Pour nous, c'est clair : la FNLP s'embourbe en opposant les tenants des mondes musulman et chrétien. En réalité, derrière une phraséologie assez obscure, aux relents ouvriéristes digne d'un Trostky après une gueule de bois, il s'agit de l'affaire de la crèche Baby-Loup à Chanteloup-les-Vignes, Yvelines. La Fédération récuse toute possibilité d'une application de ce principe de Laïcité au sein du secteur privé. Au nom de quoi d'ailleurs ? Chercher donc... Bien que opposée très légitimement au système d'exploitation de l'homme par l'homme, par une pirouette sans pareille nous la voyons prête à légitimer la liberté d'entreprise, s'appuyant au besoin sur une citation de la revue Les Liaisons sociales. Etonnant, n'est-ce pas ?

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En mai 2011, dans le journal de l'Association des Libres Penseurs des Yvelines, nous écrivions déjà à propos du positionnement de la-dite fédération à l'égard de la crèche de Chanteloup :"Le monde bouge, évolue et régresse tout à la fois. Mais les auto-prétendus héritiers légitimes du combat libre penseur ont arrêté définitivement leurs pendules à un instant "T". Peu importe si, dans le secteur privé, des hommes et des femmes se battent pour faire admettre la laïcité au sein des entreprises. Municipalisons la crèche Baby Loup et hop ! Ce type d'affaire est réglé. Pourtant très majoritaire dans le pays, laissons ce monde du privé se dépatouiller avec les problèmes d'influences religieuses qui ne sauraient concerner les camarades de la FLPY"  (Paroles laïques n° 21).

 

Pour la FNLP c'est clair : la Laïcité ne peut se défendre que dans le cadre du service public à travers le statut de la fonction publique. Hors de celle-ci point de salut ! Ailleurs, c'est la jungle, la liberté du renard dans le poulailler. En guise de conclusion, elle garde un espoir : "Ensemble, tous ensemble, pour l’unité de la classe ouvrière et pour la défense de la laïcité authentique". Pourtant avec la Laïcité comme ligne de fracture comment peut-on parler d'unité ouvrière entre le public et le privé ?

 

Sommes-nous donc dans la guerre de deux mondes, ces deux vieilles rivalités civilisatrices : musulmane et catho ? Ai-je raté un épisode du siècle des Lumières ?

 

 

 

Communiqué de la Fédération Nationale de la Libre Pensée

"Laïcité dans les entreprises privées : Avis d’un Haut Comité

à la désintégration républicaine et à celle de l’unité de la classe ouvrière

 

Auto-saisi par lui-même, et encore, le Haut Conseil à l’Intégration a émis, en date du 1erseptembre 2011, un avis, une recommandation, nous dirions un impératif pour amener le Législateur à changer le Code du travail. Rien de moins que cela ! Il s’agit, en quelque sorte, d’un onanisme juridique.

Ne soyons pas dupes. Ni de la « volonté » de l’UMP, aidée aussi par la gauche dans le même domaine, de stigmatiser, encore une fois, les musulmans, ni de la « qualité »des responsables du HCI qui sont, et ce n’est pas un faux procès de le dire, plus proches du Likoud que de l’OLP.

 

Les atteintes à la laïcité, toujours les musulmans, jamais l’Église catholique

Donnons quelques citations : « C'est dire si, dès sa constitution et au long de son histoire, le HCI a toujours considéré la question de la laïcité comme intrinsèquement liée à celle de l'intégration des personnes d'origine étrangère et plus globalement l'intégration de tous à la nation française ». Les catholiques romains ne sont pas source de problème, ils sont bien de chez nous, c’est la France chrétienne de toujours... Ce sont les personnes d’origine étrangère qui posent question.

Autre citation éclairante : Jean-Christophe Sciberras, président de l'Association Nationale des Directeurs des Ressources Humaines (ANDRH), auditionné avec bienveillance par le HCI, souligne que « pendant longtemps, la question [de la conciliation entre liberté d'entreprendre et liberté religieuse] ne s'est guère posée dans l'entreprise […] Le paysage a bien changé. La revendication religieuse se fait plus forte, en raison notamment du recours à une main d'œuvre immigrée, originaire de pays non catholiques, à partir des années soixante ». Confirmation.

 

Quand l’onanisme juridique continue de plus belle

L'avis du HCI doit être regardé comme un jalon planté à la suite du vote de la résolution UMP à l'Assemblée nationale le 31 mai 2011. Il s'agit d'un document étonnant. D'abord, il énonce la théorie étrange des trois sphères : publique, privée, sociale. Cela n'a pas de sens. Il y a deuxdomaines : l'univers des Services publics qui peuvent être quelquefois assurés par des personnes de droit privé (caisses de Sécurité sociale par exemple) et celui de la sphère privée (individu, domicile, véhicules, associations, entreprises). Le premier est soumis à l'exigence de neutralité découlant des articles 1er et 2 de la Loi de 1905 (voir CE, 2000, avis Delle Marteaux), le second est le domaine par excellence des libertés individuelles qui s'exercent dans les limites fixées par la loi (il n'y a pas de liberté absolue) et dont la liberté de conscience constitue la clé de voûte depuis 1905.

Ensuite, il préconise d'insérer une disposition dans le Code du travail qui obligerait les employeurs à inscrire une clause d'interdiction d'expression des appartenances religieuses dans les règlements intérieurs d'entreprises, tendant non seulement à garantir la sécurité au travail ou les intérêts du commerçant, lorsqu'ils sont incompatibles avec le port d'un signe religieux, mais à préserver la paix au travail et le besoin présumé de neutralité de la majorité des salariés.

Dans la réalité, les problèmes sont mineurs et, lorsqu'il y a des difficultés, le cadre juridique existant a toujours permis aux tribunaux de trancher les litiges (légalité du licenciement d'un boucher musulman refusant de débiter de la viande de porc plus de deux heures par jour [Cass. 1998] ; de celui d'une vendeuse d'un magasin de prêt-à-porter refusant de s'habiller avec les vêtements de la marque distribuée [CA Metz, 2009] ; de celui d'une employée de confession musulmane refusant d'adopter la tenue conforme à l'image de marque de l'entreprise).

Le HCI énumère d'ailleurs de nombreuses décisions qui montrent que sa proposition ne relève d'aucune nécessité. D'ailleurs, cette mesure aurait pour conséquence de remettre en cause le modus vivendi institué depuis les années 1970 dans les usines du secteur automobile, par exemple.

 

Contre le Code du travail

Rappelons que le Code du travail est le produit concret de la lutte des classes, car il est la codification des rapports de force entre la classe capitaliste et la classe des producteurs. Il est l’expression du rapport de force entre les classes sociales.

Selon « Liaisons sociales »du 24 août 2011, dont on ne saurait craindre qu’elle roule pour le collectivisme : « Le Règlement intérieur d’une entreprise peut-il affirmer le principe de laïcité ? Non. Contrairement au secteur public, où les agents et fonctionnaires sont tenus à une obligation de neutralité, dans le secteur privé, le principe de laïciténe s’impose pas. En effet, le principe dans l’entreprise privée est celui de la liberté de convictions religieuses, qui englobe la liberté de manifester sa religion.

En conséquence, en l’absence d’une disposition législative venant restreindre une telle liberté fondamentale, l’employeur ne peut ériger l’entreprise en lieu neutre ou laïque(Délib, Halde n° 2008-32 du 3 mars 2008). La Halde souligne qu’un employeur qui invoquerait le principe de laïcité pour limiter la liberté religieuse de ses salariés se rendrait coupable de discrimination (Délib. Halde n° 2011-67 du 28 mars 2011) ».

 

Derrière l’interdiction du Croissant, permettre toujours la Croix

Voici la recommandation ultime du HCI : « Dans le droit fil de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), et de l’article 371-1 du Code civil qui définit l’autorité parentale, le HCI propose d'affirmer clairement que l'enfant a droit à la neutralité et à l’impartialité. Par voie de conséquence, les personnels des établissements privés associatifs ou d'entreprises qui prennent en charge des enfants, sur un mode collectif, dans des crèches ou haltes-garderies ou, pour les enfants en situation de handicap, dans des établissements spécialisés du secteur privé – hors les structures présentant un caractère propre d'inspiration confessionnelle– se doivent d'appliquer les règles de neutralité et d'impartialité ».

En clair, pour le HCI, la laïcité doit s’appliquer dans toutes les entreprises privées, sauf dans l’enseignement privé à 90 % catholique ! Drôles de laïques en robe de bure ! Au nom des droits de l'enfant à bénéficier d'une protection de sa « liberté de conscience en formation », serait prohibée l'embauche d'une nourrice musulmane portant le voile dans une crèche associative de quartier, mais autorisée l'enseignement de la morale catholique dans une école enfantine privée. La cohérence ne nous apparaît pas très bien: sans doute qu'un enfant de trois ans a fini de se forger la liberté de conscience que son petit frère de deux ans est en train d'acquérir. Le HCI propose également d'interdire le port de signes religieux aux salariés, voire aux bénévoles, des structures d'aide à la personne et de les contraindre à la neutralité.

 

L’apologie du communautarisme contre l’unité de la classe ouvrière

Cela est le produit d’un racisme et d’une xénophobie latente. Il s’agit d’ériger le « musulman »comme un ennemi intrinsèque de la République. Il est, par nature, un corps étranger. Cela rappelle – qui peut en douter ? – la théorie des « métèques et des juifs »d’entre les deux Guerres. Le « catholique »serait « républicainement recyclable », jamais le « musulman ».

En faisant cela, le HCI apporte sa pauvre pierre à une offensive de destruction de la nation républicaine, il vise à faire s’affronter des « communautés »aux appartenances « religieuses »plus que discutables.

La loi contre le port de la burka dans la rue avait un objectif : diviser les citoyens et exclure de la nation républicaine nos concitoyens d’origine arabo-musulmane. L’avis du HCI ne vise qu’à compléter le dispositif de guerre civile : opposer les travailleurs entre eux.

 

Nous ne laisserons pas faire cette ignominie

Nous attirons l’attention de toutes les Confédérations syndicales, plus particulièrement celles qui sont fidèles à la Charte d’Amiens d’émancipation universelle du prolétariat, car il s’agit de l’unité de la classe ouvrière, sur cette forfaiture en préparation.

Le caractère laïque et les libertés individuelles et collectives du Code du travail doivent être préservés.

Ensemble, tous ensemble, pour l’unité de la classe ouvrière

et pour la défense de la laïcité authentique !

Paris, le 4 octobre 2011"

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