Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 16:49

 

Quand le journal L'Humanité titre le 25 avril 2012 : "Le raid de Sarkozy sur le 1er mai", il associe en image le président et le maréchal Pétain. Le candidat aux présidentielles entend faire de son rassemblement du 1er mai un grand moment pour le "vrai travail' de cette "France silencieuse".

 

affiche-petainQu'est-ce à dire ?


Y a-t-il du vrai et du faux travail ? Y a-t-il de vrais et de faux travailleurs sans emploi ? Bizarre, cette sémantique employée. Ce n'est sans doute pas un hasard si, récemment, Jean-Luc Mélenchon l'a accusé d'emprunter le vocabulaire de la collaboration. Serait-il subitement pris par quelques crises d'amnésie ou bien, ce qui est tout aussi probable, souhaite-t-il se mettre en phase avec cet électorat qui a voté massivement pour la candidate du FN ?

 

Brosser dans le sens du poil

 

Cette subite condescendance pour tous ceux qu'il appelle les "petits, aux sans grades, aux ruraux qui ne veulent pas mourir, au travailleur qui ne veut pas que celui qui ne travaille pas gagne plus que lui", "au petit retraité" et "à tous ceux dont l'opinion ne compte pas (…) parce qu'ils ne protestent pas, parce qu'ils ne cassent pas". Des propos qui n'élèvent pas le niveau du discours électoral et qui cherchent à nous faire oublier que pendant les cinq ans de gestion des "petits" il n'a rien fait pour eux, sinon les préssurrer.

 

C'est tout simplement désolant, scandaleux et révoltant. En cette journée du 1er mai, cette révolte aura encore une fois peu de chance de surgir : cinq jours la séparent de l'échéance électorale. Alors, il y a fort à parier que nous aurons droit au traditionnel cortège syndical. Dommage...

Repost 0
24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 09:25

 

Un industriel turc a beaucoup d'humour


Sako-turc.jpg 

 

N'appréciant guère la dernière loi française sur le génocide arménien, à sa façon il a tenu à marquer son opposition à ce président mal aimé en créant un packaging insolite pour la vente de son papier toilette. Comble d'ironie, il va même jusqu'à offrir deux rouleaux pour un paquet acheté !


Avec la libre circulation des marchandises, qui sait si nous ne bénéficierons pas de ce produit en France ? Alors, suivez ce conseil d'un consommateur éclairé : surveillez l'étal de vos magasins préférés.

Repost 0
19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 17:42

Elections-2012.jpg

 

Sur les estrades, sur le marché, dans les médias et même sur mon réseau social : tout a été fait pour que je sois informé sur celui ou celle qui scellera bientôt le destin de la République pour les cinq années à venir.

 

Informé reste un bien grand mot ; abruti sûrement par les médias et leurs relais qui nous envahissent avec une masse de détails sur les candidats, sans grand intérêt face aux réels enjeux de la situation du pays. N'est-ce pas le reflet de cette société du spectacle, tant dénoncée par les situationnistes en 1968, qui forme cet étrange fonds de commerce ? Pour nous, l'essentiel reste en définitive cette vision des lendemains qui, très vite, se terniront.

l-adoration-de-l-idole.jpg

 

Hé oui ! et pour faire simple : il y aura cette pression permanente des marchés qui implique encore et toujours une précarisation des emplois, des salaires, des retraites revus à la baisse et une probable hausse des impôts. Malgré l'utilisation de moyens publicitaires dynamiques, persuasifs et joyeux, cette société capitaliste de consommation n'a jamais promis de lendemains qui chantent. Alors, ce prochain président et ce très probablement gouvernement de gauche - eux aussi - ne raseront pas gratis. Dommage ! Fumée donc que ce slogan démagogique utilisé lors de cette campagne : Prenez le pouvoir...


Lors du précédent article qui mettait en valeur les dessins de notre ami GéGé, un de nos lecteurs n'en a guère apprécié l'humour. Avec une franchise qui l'honore, il a envoyé un commentaire très critique sur le positionnement des anarchistes, labellisés d'éternels utopistes ? Si le réalisme reste de faire croire au plus grand nombre que tout est possible grâce à leurs bulletins de vote, je m'interroge sur ceux qui sont les utopistes véritables. Lorsque Bakounine affirma qu'il importait de détruire la société avant d'en construire une nouvelle, il avait raison. Car, si l'on y regarde de plus prêt, ce n'est pas autrement qu'agit le système actuel. A cette différence que la destructuration mentale des individus puis leur reformatage visent à les conditionner en profondeur de manière à développer en eux l'acceptation, le repli et la résignation nécessaire à son fonctionnement.


Comment est-il possible d'imaginer et de subodorer la possibilité d'existence d'autres rapports humains et sociétaux ? Le chemin naturel du retour sur de vraies valeurs humanistes n'est pas celui le plus emprunté. Pourtant, il existe un fil conducteur : la pensée libertaire. Les utopistes, les vrais, ne sont pas ceux que l'on croient et à qui l'ont essaie toujours de faire porter le chapeau. Les utopistes ce sont tous ces braves gens électeurs qui, à date fixe et par un bulletin de vote interposé, espèrent un possible changement de leurs conditions de vie difficiles. Ils se trompent et les politiques sont les premiers responsables de ce triste manège. Si tel n'était pas le cas, cela se saurait.


Gege-Presidentielles-2012.jpgAlors, ami-e-s électeurs, avant d'effectuer ce geste fatidique, ne faudrait-il pas vous poser la question exprimée à partir de ce "vieux" slogan soixante-huitard : "Soyons réalistes : demandons l'impossible" ?

La grève du vote et le vote blanc généralisées pourraient sans doute exprimer ce refus d'une société très peu faite pour la liberté, l'égalité et la fraternité entre tous les êtres humains. Ces moyens permettent de fixer le regard sur une autre ligne d'horizon. Le passé - toujours lui - nous rappelle que la conception réformiste de la société, aussi louable et généreuse soit-elle, possède ses propres limites. Léon Blum en a fait l'amère expérience à propos du "mur de l'argent", le peuple français aussi.

 

C'est ballot !

Repost 0
1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 08:26

 

POEME_DE_VICTOR_HUGO.jpgNicolas.jpg

En version plus classique...

Napoléon III

 "Donc c'est fait. Dût rugir de honte le canon,

Te voilà, nain immonde, accroupi sur ce nom !

Cette gloire est ton trou, ta bauge, ta demeure !

Toi qui n'as jamais pris la fortune qu'à l'heure,

Te voilà presque assis sur ce hautain sommet !

Sur le chapeau d'Essling tu plantes ton plumet ;

Tu mets, petit Poucet, ces bottes de sept lieues ;

Tu prends Napoléon dans les régions bleues ;

Tu fais travailler l'oncle, et, perroquet ravi,

Grimper à ton perchoir l'aigle de Mondovi !

Thersite est le neveu d'Achille Péliade !

C'est pour toi qu'on a fait toute cette Iliade !

C'est pour toi qu'on livra ces combats inouïs !

C'est pour toi que Murat, aux russes éblouis,

Terrible, apparaissait, cravachant leur armée !

C'est pour toi qu'à travers la flamme et la fumée

Les grenadiers pensifs s'avançaient à pas lents !

C'est pour toi que mon père et mes oncles vaillants

Ont répandu leur sang dans ces guerres épiques !

Pour toi qu'ont fourmillé les sabres et les piques,

Que tout le continent trembla sous Attila,

Et que Londres frémit, et que Moscou brûla !

C'est pour toi, pour tes Deutz et pour tes Mascarilles,

Pour que tu puisses boire avec de belles filles,

Et, la nuit, t'attabler dans le Louvre à l'écart,

C'est pour monsieur Fialin et pour monsieur Mocquart,

Que Lannes d'un boulet eut la cuisse coupée,

Que le front des soldats, entrouvert par l'épée,

Saigna sous le shako, le casque et le colback,

Que Lasalle à Wagram, Duroc à Reichenbach,

Expirèrent frappés au milieu de leur route,

Que Caulaincourt tomba dans la grande redoute,

Et que la vieille garde est morte à Waterloo !

C'est pour toi qu'agitant le pin et le bouleau,

Le vent fait aujourd'hui, sous ses âpres haleines,

Blanchir tant d'ossements, hélas ! dans tant de plaines !

Faquin ! — Tu t'es soudé, chargé d'un vil butin,

Toi, l'homme du hasard, à l'homme du destin !

Tu fourres, impudent, ton front dans ses couronnes !

Nous entendons claquer dans tes mains fanfaronnes

Ce fouet prodigieux qui conduisait les rois

Et tranquille, attelant à ton numéro trois

Austerlitz, Marengo, Rivoli, Saint-Jean-d'Acre,

Aux chevaux du soleil tu fais traîner ton fiacre !"

Jersey, le 31 mai 1853.

Repost 0
26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 09:11

 

Alors qu'il n'est pas de semaine et de jour où, en France, la presse n'annonce des fermetures d'usine ;

alors qu'au Salon de l'Agriculture il n'est pas de candidats-président qui ne tatent l'arrière-train des bovidés, probablement pour connaître la température du corps social, nos amis grecs - quant à eux - restent dans une pleine panade !

 

Nous avons l'honneur de publier ce discours d'une militante de ce pays, Sonia MITRALIA, membre du Comité grec contre la Dette ainsi que de Initiative des Femmes contre la Dette et les Mesures d’Austérité. Ses propos furent prononcés lors d'un meeting à Marseille le 17 février, organisé par le CAC 13, dans le cadre de la campagne française " pour un audit citoyen de la dette publique". Le titre de ce discours serait-il annonciateur de ce qui risque de se produire en Europe ?

Merci à Bruno pour cet envoi.

 

 

 

LA GRÈCE EN LUTTE EN 2012,

COMME L’ESPAGNE EN 1936,

POUR LES PEUPLES D’EUROPE !

 

CAC-Grece-2012.jpg« Le cours de l’histoire s’accélère et les événements cataclysmiques des derniers jours en Grèce doivent désormais convaincre même les plus hésitants : La Grèce tend à devenir aujourd’hui pour cette Europe de 2012, ce qu’a été l’Espagne pour l’Europe de 1936 ! Cette constatation apparemment osée n’est pas le fait de quelques romantiques. Non, c’est le fait de nos gouvernants car ceux qui nous l’assènent à longueur de journée depuis bientôt deux ans, ce sont ceux d’en haut, les Merkel et Sarkozy, le FMI et les banquiers, la réaction néolibérale par delà les frontières nationales, ceux qui ont choisi de transformer la Grèce en laboratoire de leurs politiques inhumaines et les grecs en cobayes de leur thérapie de choc.

 

Il est plus que temps que nous, ceux et celles d’en bas de toute l’Europe, prenions à la lettre ce que nous disent nos Merkozy et leur Troika, et que nous agissions enfin en conséquence. Acceptons le défi et répondons-leur que désormais, sans tarder, la Grèce va devenir un cas/test pour nous aussi, pour le mouvement des travailleurs, pour les mouvements sociaux et féministes, pour les peuples et les exploités de toute l’Europe !

 

Oui, faisons leur comprendre que Oui, nous sommes tous des grecs car, nous sommes pleinement conscients que le combat du peuple grec est plus que jamais notre combat. Que s’ils arrivent à briser les résistances et à soumettre le peuple grec, après ce sera notre tour, le tour de tous les autres Peuples européens, l’un après l’autre, de passer à la trappe...

 

Peut être vous vous souvenez qu’au tout début ils nous racontaient des balivernes du genre « c’est un cas unique et spécifiquement grec dû au fait que ces grecs sont des fainéants, rompus à la corruption et au mensonge » Cependant depuis lors, on a appris que le trou noir de la dette n’est pas spécifiquement grec, qu’il n’est pas dû à la prétendue...hypertrophie de l’Etat grec, car il est aussi bien américain que français, italien que japonais. En somme, qu’il est typiquement capitaliste et sa crise tout simplement...systémique.

 

Mais, attention aux phrases toutes faites et aux clichés parce qu’ils sont inopérants pour décrire l’actuelle réalité grecque. Peut-on encore parler d’austérité même draconienne quand les salaires et les pensions baissent en Grèce de 40, 50 ou même de 60% ? Quand le pouvoir d’achat de l’écrasante majorité de la population est déjà amputé de 50, 60, ou même de 70% et plus ? Quand la classe moyenne de ce pays est ruinée et en voie de paupérisation galopante ? Quand les nouveaux salariés ne touchent plus que 417 euros et les nouveaux pensionnés 320 euros ? Est-ce de la simple « rigueur », quand un sur deux jeunes grecs est chômeur et que le chômage atteint désormais 25% ? Comment peut-on parler des simples... « sacrifices passagers » quand la malnutrition fait des ravages parmi les petits élèves de l’école primaire, et la faim pointe le nez dans les quartiers même petit bourgeois des villes grecques ? Et comment peut-on prétendre que tout ça est « nécessaire pour mettre de l’ordre dans les finances » de la Grèce, quand les bourreaux eux-mêmes admettent cyniquement que leurs politiques imposées de force à la Grèce ont échoué, qu’elles ne font qu’enfoncer ce pays toujours plus profondément dans une récession monstrueuse, et que la dette grecque ne pourra jamais être remboursée ?

 

Alors, simple sadisme de la tristement célèbre Troïka ou plutôt guerre ouverte et déclarée du capital contre le monde du travail ? La réalité quotidienne nous oblige à l’admettre : Oui, nous en Grèce, nous assistons à une véritable guerre de ceux d’en haut contre ceux d’en bas, des très riches contre tous les autres. Et en même temps, ne l’oublions pas car c’est très grave, nous assistons à la résurrection du pire néocolonialisme, quand nous voyons la Grèce humiliée et dépourvue de pratiquement toute souveraineté nationale, traitée pas ses prétendus... partenaires européens comme une véritable colonie, un protectorat sous tutelle, dirigée sur place par un quelconque Gauleiter de Madame Merkel et de Monsieur Schaeuble...

 

Et les grecs eux-mêmes, que font-ils ? Attention, ne croyez pas ce qu’on vous raconte sur les grecs. Vos medias sont comme les nôtres : la réalité qu’ils nous décrivent est totalement irréelle. Nous parlant de la Grèce actuelle, ils insistent sur le fait qu’il y a à Athènes un gouvernement d’Union Nationale appuyé par les quatre cinquièmes des représentants du peuple grec. Donc, si on les croyait on arriverait à la conclusion que les grecs sont plutôt maso et adorent être maltraités...

 

Evidemment, la réalité est toute autre. Une douzaine de grèves générales en moins de deux ans, d’innombrables luttes et grèves très dures dans tout le pays, un climat presque insurrectionnel depuis des mois, un mouvement des Indignés (les Aganaktismeni grecs) qui a balayé toute la Grèce pendant 3 mois, des affrontements très violents avec les forces de répression déchaînées, des ministres et des députés qui n’osent plus sortir de chez eux depuis 10 mois car ils sont hués ou même tabassés par les passants, un Parlement assiégé de plus en plus fréquemment par des centaines des milliers de manifestants qui tôt ou tard vont le prendre d’assaut,... voila un bref aperçu de ce qu’est devenue la routine presque quotidienne en Grèce depuis de longs mois.

 

Mais tout ça ne représente que des secousses prémonitoires du très grand séisme social qui est en train de se préparer. En effet, un coup d’œil plus attentif suffirait pour qu’on découvre que la colère populaire bat actuellement des records historiques, que le pays est comme un volcan social prêt à exploser. D’ailleurs, les sondages qui se multiplient sont tous éloquents. L’appui populaire à ce gouvernement dit d’Union Nationale ne dépasse plus le 8%, tandis que l’ensemble des partis à la gauche du PASOK social-démocrate, fait un score dépassant désormais les 50% ! Tout change à une vitesse hallucinante et le paysage politique grec subit un véritable chambardement sans précédent parce que des pans entiers de cette société sont à la recherche de solutions radicales à la crise et à la paupérisation galopante.

 

Vous voulez un exemple qui illustre parfaitement cette situation tout à fait exceptionnelle, qui ressemble de plus en plus avec ce qui se passait dans un certain entre deux guerres dans notre continent ? Le PASOK qui, il y a deux ans, a fait un triomphe, gagnant les élections avec le score-record de 45%, obtient maintenant, selon tous les sondages, moins de 10%, tandis qu’un groupuscule de tueurs néonazis atteint depuis peu les 3% ! Oui, la société grecque est déjà en train d’expérimenter sa propre République de Weimar...

 

Alors, que faire ? La première chose c’est de crier haut et fort que les grecs ne doivent pas payer cette dette qui les étrangle et qui n’est pas la leur. Qu’on doit suspendre tout de suite son paiement.

 

Pourquoi faire ? Pour faire ce que nous oblige à faire le droit international, l’ONU, nombre de conventions internationales signées d’ailleurs par nos gouvernements, investir les sommes astronomiques consacrées actuellement au service de cette dette, à la satisfaction des besoins élémentaires de la société grecque : santé, éducation, infrastructures, services publics, chômeurs, gosses affamés, familles monoparentales, malades et infirmes, femmes contraintes d’assumer gratis et en famille toutes les tâches abandonnées par les services publics avant leur démantèlement et leur privatisation.

 

Pour combien de temps ? Pour le temps qu’il faudra pour réaliser un audit citoyen de la dette afin d’identifier sa part illégitime qu’il faudra annuler et ne pas payer. Et tout ça en refusant obstinément de tomber dans le piège des chantages de nos bourreaux qui nous répètent à longueur de journée qu’une telle politique radicale mène automatiquement le pays à la sortie de l’euro et de l’Union Européenne, à un repli national obligatoire...

 

Non, non et non. Nous refusons de payer cette dette et en même temps nous restons dans la zone euro. Et la raison principale est simple : parce que nous voulons nous battre avec vous, tous ensembles, la main dans la main avec tous les peuples et tous les travailleurs de ce continent, pour foutre en l’air cette Europe du capital, des Merkel et des Sarkozy.

 

Parce que nous voulons créer et amplifier ce qu’on appelle la « crise systémique » de cette Union Européenne antidémocratique et antisociale des riches. Oui, il n’y a désormais qu’une seule perspective, la seule réaliste et faisable, celle du combat commun de ceux d’en bas partout en Europe. Camarades, c’est maintenant plus que jamais que l’union fait la force. Unissons-nous car tous ensembles nous pouvons toujours changer ce monde qui est en train de pourrir. Avant qu’il ne soit pas trop tard...

 

Et rappelez-vous :

Si ce n’est pas nous, alors qui ?

Si ce n’est pas maintenant, alors quand ?... »

S. M.

Repost 0
7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 09:26

 

Une pression incessante et intolérable, c'est ainsi que l'on pourrait définir l'action nauséabonde de l'intégrisme religieux.

Cet intégrisme qui fait fi de la liberté de penser et donc qui refuse à chacun sa liberté d'être. Nous ne pouvons que vous inviter à partager cette action de rassemblement contre ce cléricalisme permanent qui ne désarme pas.

 

 

Tenon11.02.2012.jpg

 

 

 

 

Repost 0
2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 15:26

La scène se passe dans une librairie proche de la place de la République, à Paris. Je tombe nez à nez avec un ex-camarade perdu de vue depuis de nombreuses années. Nous nous étions connus dans la période d’après-Mai 68, dans un local anarchiste de Montmartre où de studieuses et passionnantes conférences à caractère historique étaient organisées chaque semaine. Puis nos lendemains, en attendant de chanter, empruntèrent des voies différentes. J’eus toutefois le temps de le connaître ardent syndicaliste révolutionnaire avant de le voir subitement vomir avec délectation ce qu’il adorait la veille, pour épouser dès lors, toujours avec fougue, les thèses de ce qu’on appelait l’ultragauche.

Situés à la gauche du gauchisme, les tenants de ce courant ultra-verbeux constituaient une curieuse et assez désagréable espèce militante dont la quasi-disparition semble aujourd’hui, à bien y regarder, moins triste que celle du psittirostre à gros bec ou du caracara de Guadeloupe. Adeptes des querelles sémantiques prétentieuses, chargés par eux-mêmes d’exprimer ce que le prolétariat ne sait pas qu’il pense, et armés d’une érudition scolastique peu répandue dans les ateliers de chaudronnerie, ils aimaient à vous assommer de formules chocs destinées à convaincre de l’équivalence de tous les systèmes politiques, démocratie et fascisme notamment. Assis au soleil d’une terrasse de café parisien, devant un demi de bière rafraîchissant, ces porte-parole bavards du peuple opprimé se montraient en mesure de démontrer, avec un sens inégalé de la mesure et sur un ton tout à la fois suffisant et goguenard, que l’attribution d’un numéro de Sécurité sociale aux salariés pouvait aisément être comparée aux chiffres sordides tatoués sur l’avant-bras des déportés des camps nazis.

Il m’arriva de penser à cet ancien camarade à l’époque où nombre de militants de cette mouvance, pas gênés pour un sou de faire un bout de chemin amical en compagnie de la pire racaille d’extrême droite, choisirent de se faire historiens véreux et propagandistes de l’abjection négationniste en prétendant que l’extermination des juifs d’Europe relevait d’une fable insensée.

Dans la période où le hasard nous mettait de nouveau en présence l’un de l’autre, au beau milieu de cette librairie, j’animais, avec un bon ami, une émission hebdomadaire, sur Radio-Libertaire, que nous agrémentions d’une rubrique anticléricale régulière. Faisant explicitement référence à cette chronique, mon ex-sympathisant libertaire, ex-syndicaliste révolutionnaire et ex-ultragauchiste me dit alors :

J’écoute souvent votre émission, mais dans votre séquence anticléricale vous parlez surtout de la religion chrétienne et un peu de l’islam, mais vous n’évoquez presque jamais cette religion… euh… comment dire… euh… tu sais… euh… tu vois… euh… cette religion… euh… qui se transmet par la mère…

La fin de sa tirade le vit afficher le sourire satisfait du type fier du bon mot qui, bien qu’odieux, distingue toutefois le xénophobe raffiné, dans un décor de bibliothèque, du gros crétin raciste éructant sa haine alcoolisée au comptoir du Café des Sports.

Plutôt porté à envoyer paître sur-le-champ les auteurs de tels propos, je ne sais pourquoi je réagis autrement cette fois-là. Posant mes mains sur les épaules du personnage (appelons-le Adolphe), je lui tins à peu près ce langage :

– Ecoute-moi bien, Adolphe. Tu vas répéter après moi. Mais je dois quand même te prévenir que ça va te faire mal sur le moment, mais après, tu verras, tu te sentiras mieux. Répète après moi le mot « juif ». Allez, vas-y Adolphe, dis-le !

D’abord figé comme un général SS apercevant l’échoppe épargnée d’un fourreur viennois, Adolphe me tourna subitement le dos et sortit de la librairie sans dire un mot. Je ne l’ai jamais revu.

 

Cette anecdote oubliée m’est revenue en mémoire à la lecture récente d’un article de l’ancien haut magistrat Philippe Bilger paru dans « Marianne 2 » et rendant compte du livre que le célèbre journaliste Ivan Levaï a consacré à l’affaire DSK. Exécutant sans appel l’ouvrage en question, Philippe Bilger tient néanmoins à préciser – par honnêteté, laisse-t-il entendre – qu’avant même cette parution, déjà, il n’aimait pas le travail de journaliste de son auteur. Un travail à ce point discutable, selon lui, qu’il devrait normalement valoir à Ivan Levaï bien des ennuis sur le plan professionnel. Oui mais voilà, toujours selon l’ex-magistrat, Ivan Levaï est « intouchable ». Intouchable ? Ah bon ? Mais pourquoi donc ? Comme moi, vous vous dites alors que le chroniqueur régulier de France Inter compte parmi les vieux de la vieille du métier, ces pontes du journalisme radiophonique jouissant d’une sorte de privilège d’antenne dû à l’ancienneté, que même leur éventuelle médiocrité ne saurait abolir. Vous n’y êtes pas !

Philippe Bilger, lui, nous fournit l’explication. Ou plutôt, il la suggère. Il imagine pour cela ce qui arriverait à des journalistes aussi peu scrupuleux qu’Ivan Levaï mais qui ne seraient pas des Ivan Levaï. Et arrive alors, dans son article, la phrase regrettable, la phrase lamentable, la phrase ignoble, la phrase tout entière bâtie, sans l’écrire, autour du mot terrible que n’osa prononcer Adolphe dans cette librairie parisienne proche de la place de la République : « Je n'ose pas imaginer le traitement qui serait réservé à un chrétien ou à un musulman avec des orientations professionnelles de ce type. » Eh oui, l’ « Intouchable » est, reste et restera intouchable, non par la grâce de son âge avancé ou de ses relations influentes, malgré son incompétence supposée ou l’orientation hautement discutable de ses propos. Non. Il lui suffit, aux yeux des Adolphe et des Bilger du monde entier, qui prennent soin de se lancer dans l’ignominie avec prudence et circonvolution, de n’être point de confession chrétienne ou musulmane. « Vous voyez ce que je veux dire ! », eût pu ajouter, avec le clin d’œil qui en dit long, celui-là même qui attribuait naguère au « comique » Dieudonné le mérite « d’avoir pendant longtemps secoué, bouleversé, agité un monde intellectuel dans des domaines où il est très difficile parfois de dire ce qu’on pense ».

– Mais qu’est-il donc, Ivan Levaï, monsieur Bilger ? Dites-nous. Mais vous ne le direz pas, bien sûr. Vous êtes assurément mieux placé que quiconque pour savoir que le mot que vous vous interdisez de prononcer ne saurait être avancé comme explication de l’impunité de M. Levaï sans encourir les foudres de la justice. Et vous êtes trop bien éduqué pour vous laisser aller aux vulgarités de comptoir des crétins ordinaires qui dans leur bêtise haineuse nomment un chat un chat, et un juif un juif. Comme Adolphe, incapable d’assumer son évident racisme en nommant les choses et les êtres par leur nom, vous préférez le contournement allusif, la litote honteuse qui tente vainement de camoufler son abjection sous des dehors langagiers présentables.

Eh oui, monsieur Bilger, quelque chose a été transmis à Ivan Levaï par sa mère, comme dirait Adolphe. Cela vous gêne, n’est-ce pas ? Et cette gêne, venue de très loin et grandement partagée de droite à gauche, qui vous l’a transmise ?

 

Floréal

Parcourez son blog

 

Repost 0
31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 15:03

Nous avons connu un président "bling-bling".

Ce fut certainement une erreur de casting.

Pourtant, cela a continué...

 

Aujourd'hui, il reçoit quelques 600 parlementaires de l'UMP. Coût pour les contribuables ? Allez, de grâce ne chipotons pas : minimum quelques 500.000 euros. Coquette somme prise, non sur le budget du candidat car il n'est toujours pas candidat, mais sur celui de locataire de l'Elysée. Extraoridinaire ! Entre-temps, ce VRP de la rue du Faubourg Saint-Honoré voyage et il ne reçoit uniquement que dans le cadre de ses hautes fonctions... Enfin qui, sinon quelques mauvaises langues, oserait imaginer autre chose ?

 

Pourtant, les faits sont là. Hier, c'était dans Le Canard enchaîné du 10 novembre 2010. notre président eut une toquade pour un nouvel avion présidentiel : "Montant de l'achat : 176 millions d'euros, dont 91,5 millions pour l'aménagement et la déco de la cabine. Et 25 millions pour doter « Air Sarko One » d'un dispositif d'écoutes et de brouillages... D'après le parlementaire, l'entretien du coucou coûterait 49 millions d'euros par an pendant les trois premières années. Et 10 millions les suivantes pour 700 heures de vol. L'Airbus présidentiel précédent coûtait annuellement 4,1 millions pour 1 400 heures de vol..."

D'ailleurs, dans The Guardian (cité parLe Courrier International du 18 août 2011) :"La décision de Nicolas Sarkozy d'installer deux fours - des vrais, pas des micro-ondes - à 75 000 euros dans son nouvel avion présidentiel est pour le moins étonnante. Quelle mouche l'a donc piqué ? Jamais les avions ne sont équipés de fours. Même les milliardaires se sont faits à l'idée que, à bord de leur jet privé, ils devaient se contenter de plats froids ou réchauffés au micro-ondes."

 

Je sais, je suis d'une mesquinerie à faire criser mon banquier. Parlons donc du Pavillon de la Lanterne à Versailles "que Sarko avait piqué à Fillon au moment de son élection, est désormais presque toujours dé­sert, Caria ne s'y plaisant guère ; il coûte néanmoins à l'Etat 1 100 000 euros par an (« VSD », 14/10)." (Le Canard enchaîné du 20 octobre 2010).

 

Voici donc trois exemples qui donnent la mesure. Ils en disent longs sur le mode d'emploi utilisé par celui qui préside aux destinées de la cinquième puissance du monde. Trois exemples qui ne semblent pas révulser outre-mesure les chômeurs et les salariés en sursis, ainsi que tous les retraités rabotés dans leur revenu. Alors qui, en mai, nous rasera gratis ? Sarkozy c'est franchement pas terrible... Hollande sera-t-il mieux, même si certains l'affirment contraire ? Et toute cette cohorte de candidats secondaires qui, à l'exemple de roquets derrière une grille s'égosillant sans risque, nous lanternent par de faux espoirs démocratiques...

 

Non, Ami lecteur, il ne reste évidement que une seule et radicale solution apte à enrayer ces pratiques malfaisantes et profondément injustes. Elle s'appelle : un grand chambardement révolutionnaire et libertaire ! A ne pas vouloir le tenter, je reste persuadé que, pour longtemps, c'est se condamner au maintien de l'exploitation et de la servitude volontaires. La situation exige bien autre chose que cette acte de mollesse médiatisé caractérisée par le mouvement des indignés.

 

Repost 0
21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 11:01

 

Voici une initiative insolite prise à Rennes

dans la nuit du 18 janvier 2012.

La photo parle d'elle-même.

 

ple_emploi_rennes-Rte-de-Vezin.jpg

 

Les auteurs de ce méfait (oh ! chassez ce vilain mot) expriment clairement leur revendication :"Si nous avons fait cela, c'est pour protester contre tous les murs que pôle emploi dresse devant les chômeurs et qu'ils se prennent dans la gueule : radiations, rupture des indemnisations, infantilisation, pression pour accepter n'importe quel boulot, mépris des droits les plus élémentaires, etc.

Pour une fois, c'est pôle emploi qui sera retrouvé devant un mur".

 

Déclaration d'un citoyen en colère qui tient son portefeuille dans la poche droite et qui évite de passer dans ce quartier indigne de Rennes :

"Mais que fait la police, face à ces dangereux terroristes qui contestent l'ordre établi... On leur consacre des maisons, avec du personnel qui les reçoit et voilà comment « ils »les traitent. C'est impensable ! C'est pitoyable ! C'est honteux ! C'est scandaleux !

Pourvu qu'« ils » ne s'en prennent pas après aux marchands de grains, aux boulangers comme avant 1789 !

Je tenais à vous le dire haut et fort".

 

Commentaire d'un habitant du secteur : "C'est-y pas une misère que de voir ces files d'attentes dans nos rues... Mais où vas-t-on ?"

 

Note de la Rédaction : Nous ne savons pas où cela nous mène mais, en tout cas, on y va ! "A la barricade... A la barricade..." entonnaient allègrement les anars espagnols de la Colonne Durruti.

Repost 0
18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 18:16

 

Ca pète, ça pétitionne à tout va...

 

Une amie, Carole, me prie de signaler qu'une pétition pour sauver l'appartement servant de planque à Jean Moulin à Nice est sur le Web.

 

Il n'est pas dans mes habitudes de pousser à pétitionner mais que ne ferais-je pas pour toi, Carole ?

 

Jean Moulin le vaut bien...

Repost 0

  • : A Rebrousse-poil
  • A Rebrousse-poil
  • : Analyse de l'actualité politique, philosophique et artistique.
  • Contact