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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 17:42

Elections-2012.jpg

 

Sur les estrades, sur le marché, dans les médias et même sur mon réseau social : tout a été fait pour que je sois informé sur celui ou celle qui scellera bientôt le destin de la République pour les cinq années à venir.

 

Informé reste un bien grand mot ; abruti sûrement par les médias et leurs relais qui nous envahissent avec une masse de détails sur les candidats, sans grand intérêt face aux réels enjeux de la situation du pays. N'est-ce pas le reflet de cette société du spectacle, tant dénoncée par les situationnistes en 1968, qui forme cet étrange fonds de commerce ? Pour nous, l'essentiel reste en définitive cette vision des lendemains qui, très vite, se terniront.

l-adoration-de-l-idole.jpg

 

Hé oui ! et pour faire simple : il y aura cette pression permanente des marchés qui implique encore et toujours une précarisation des emplois, des salaires, des retraites revus à la baisse et une probable hausse des impôts. Malgré l'utilisation de moyens publicitaires dynamiques, persuasifs et joyeux, cette société capitaliste de consommation n'a jamais promis de lendemains qui chantent. Alors, ce prochain président et ce très probablement gouvernement de gauche - eux aussi - ne raseront pas gratis. Dommage ! Fumée donc que ce slogan démagogique utilisé lors de cette campagne : Prenez le pouvoir...


Lors du précédent article qui mettait en valeur les dessins de notre ami GéGé, un de nos lecteurs n'en a guère apprécié l'humour. Avec une franchise qui l'honore, il a envoyé un commentaire très critique sur le positionnement des anarchistes, labellisés d'éternels utopistes ? Si le réalisme reste de faire croire au plus grand nombre que tout est possible grâce à leurs bulletins de vote, je m'interroge sur ceux qui sont les utopistes véritables. Lorsque Bakounine affirma qu'il importait de détruire la société avant d'en construire une nouvelle, il avait raison. Car, si l'on y regarde de plus prêt, ce n'est pas autrement qu'agit le système actuel. A cette différence que la destructuration mentale des individus puis leur reformatage visent à les conditionner en profondeur de manière à développer en eux l'acceptation, le repli et la résignation nécessaire à son fonctionnement.


Comment est-il possible d'imaginer et de subodorer la possibilité d'existence d'autres rapports humains et sociétaux ? Le chemin naturel du retour sur de vraies valeurs humanistes n'est pas celui le plus emprunté. Pourtant, il existe un fil conducteur : la pensée libertaire. Les utopistes, les vrais, ne sont pas ceux que l'on croient et à qui l'ont essaie toujours de faire porter le chapeau. Les utopistes ce sont tous ces braves gens électeurs qui, à date fixe et par un bulletin de vote interposé, espèrent un possible changement de leurs conditions de vie difficiles. Ils se trompent et les politiques sont les premiers responsables de ce triste manège. Si tel n'était pas le cas, cela se saurait.


Gege-Presidentielles-2012.jpgAlors, ami-e-s électeurs, avant d'effectuer ce geste fatidique, ne faudrait-il pas vous poser la question exprimée à partir de ce "vieux" slogan soixante-huitard : "Soyons réalistes : demandons l'impossible" ?

La grève du vote et le vote blanc généralisées pourraient sans doute exprimer ce refus d'une société très peu faite pour la liberté, l'égalité et la fraternité entre tous les êtres humains. Ces moyens permettent de fixer le regard sur une autre ligne d'horizon. Le passé - toujours lui - nous rappelle que la conception réformiste de la société, aussi louable et généreuse soit-elle, possède ses propres limites. Léon Blum en a fait l'amère expérience à propos du "mur de l'argent", le peuple français aussi.

 

C'est ballot !

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