Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 18:34

 

Partager le travail oui,

mais à condition de partager tout !

CGT-1906.jpgCela fait plaisir de voir un hebdo comme Le Courrier international, dans son édition du 11-17 mars 2010, faire sa une et un dossier dans les pages centrales sur le : "Travail : vers la semaine de 21 heures".

Mais, attention à la méprise ! pour ce journal la problématique est claire : "commencer par réduire le temps de travail et partager les emplois. L'idée n'est certes pas nouvelle. Mais, cette fois, ce sont les Britanniques et les Américains qui la remettent au goût du jour". Cela vous rappelle sans doute quelques souvenirs franchouillards encore bien frais dans votre esprit...

Nos "amis" anglo-saxons n'ont rien de philanthropes et ne sont pas spécialement des groupies de notre maire de Lille. Vous conviendrez que l'idée reste d'une banalité affligeante : comment réduire le chômage de masse qui atteint toutes les économies du monde et, par ricochet, qui parasite l'activité de nombreuses entreprises, à commencer d'ailleurs par celles qui "dégraissent" ? Et ce journal de citer ses confrères, tel The Guardian (Londres) : "L'économiste John Maynard Keynes (1883-1946) imaginait une semaine de 15 heures au début du XXIe siècle, parce qu'il pensait que nous aurions plus besoin de travailler autant pour satisfaire nos besoins matériels." Plus loin, d'écrire : "Les 21 heures correspondent grosso modo à la moyenne actuelle, incluant les temps partiels".

Ohé ! Sarko*. Ohé ! très chers "amis" de l'UMP combattant la loi sur les 35 heures et militant pour des "heures sup" défiscalisées, c'est fait, l'idée est dans l'air. Maintenant, vous avez pris quelques trains de retard sur vos inspirateurs américains...

Selon le même journal, en Allemagne, après avoir intégrer les allocations versées par l'Etat et par l'entreprise, la réduction de 20 % des heures de travail ne fait perdre réellement au salarié que "4% de sa rémunération initiale". "Compte-tenu des économies alors réalisées sur certaines dépenses : transport, garde des enfants, la plupart d'entre eux ne s'en sortent pas trop mal". A cela s'ajoute pour le pays une réduction des émissions de gaz à effet de serre liée à la réduction du nombre de trajets de l'ordre de 20% (4 jours travaillés au lieu de 5) et qui, d'après ce journal, "est sans aucun doute l'une des principales raisons pour lesquelles les émissions européennes de CO2 par personne sont inférieures de moitié à celles des Etats-Unis".

Qui dit mieux ? Minute, je vais vous le dire... Pour cela, revenons quelque peu en arrière, à la première CGT qui, dans ses affiches, posait la revendication des 3x8 : 8 h de travail, 8 h de loisirs et 8 heures de repos. Plus d'un siècle après, l'esprit de cette revendication reste vivace. Est-il vraiment utile d'avoir raison trop tôt ? En ce début du XXIe siècle, ce sont des groupes de réflexion anglo-américain imprégnés de la culture capitaliste, donc pas très sympathique, qui proposent de recadrer le temps de travail à la valetaille salariée. Quel comble !

Oui, Ok, partageons le temps de travail. Oui, mais partageons aussi et de façon égalitaire tous les revenus issus de l'activité économico-financière. Je ne suis vraiment pas sûr du tout que ces groupes de réflexion soient du même avis. Ce qui compte pour eux, de toute évidence, reste la pérennité du système économique et social actuel. Le reste n'est que ...Utopie bien sûr !

Partager cet article

Repost 0

commentaires

michel 19/03/2010 13:25


C'est un sujet sur lequel je ne te suivrai pas Roland.
Pour de multiples raison.
Historiquement la revendication de la réduction de la durée du travail était formulée pour améliorer les conditions de travail.
Le problème de la revendication du "partage du travail" c'est qu'elle est enfermée dans une vision figée : le travail n'est pas un gâteau à taille fixe dont la question serait de comment le
répartir, avec la question connexe du partage des richesses.
Il faut sortir de cette vision réductrice.
Il y a dans notre pays des millions de travailleurs qui sont au chômage ou dans des situations précaires, qui aspirent à avoir un "vrai" travail avec un "vrai" salaire pour pouvoir se nourrir
convenablement, s'habiller décemment, se loger correctement, ouffrir à leurs enfants des conditions d'existence décentes, pouvoir se déplacer comme tout le monde, avoir les moyens d'activités de
loisirs et de partir en vacances, bref... consommer des biens et services auxquels aujourd'hui ils ne peuvent avoir accès et qui ne sont pas produits puisqu'il n'y a pas de demande solvable. Or que
représentent ces millions de chômeurs et précaires si ce n'est la force de travail manuelle et intellectuelle qui pourrait justement produire tous ces biens et services qu'ils aspirent à consommer
? Et tu peux étendre ce raisonnement à la planète... Comment se fait-il que ces besoins objectifs (cette demande objective) de biens et services ne rencontre pas ces moyens objectifs de les
produire ? Comment peut-on contribuer à ce qu'ils se rencontrent ? Certainement pas en "partageant" le travail, ni en renvoyant les immigrés chez eux (ne te trompe pas Roland : la préférence
nationale n'est que le revers de la médaille du partage du travail, c'est le même raisonnement, avec une cosmétique un peu moins généreuse ; Saint Martin est passé par là pour le partage du
travail).
Il faut sortir du cercle... Il en est de même pour ceux qui nous disent que "les ressources de la planète sont limitées"... ce ne sont que des raisonnements ne boucle de gens incapables de penser
le progrès.
Or Keynes que tu cites, ou Marx que tu ne cites pas, pensaient en terme de progrès. Bien sûr la tendance plus que séculaire à la réduction de la durée du travail a été rendue possible par
l'avancement des sciences et des techniques, avancement qui a permis que la quantité de travail socialement nécessaire pour satisfaire des besoins individuels et collectifs toujours croissants
diminue.
Je pourrais écrire des heures.
Mais là Roland, je pense que tu te plantes grave.
Le problème ne me semble vraiment pas où tu le soulèves.


Roland 19/03/2010 14:07


Michel, je suis tout à fait d'accord avec ton premier concept : au départ, la revendication des 3x8 h, fut pour le syndicalisme ouvrier un objectif pour l'amélioration de la condition ouvrière.
Rassures-toi, je ne suis pas seulement pour le partage du travail dans le sens donné par toutes les idéologies autoritaires dominantes, religieuse ou autre. On sait ce que cela veut dire pour
celles-ci : un partage des miettes avec son lot d'injustices et d'inégalités. Un partage d'ailleurs tout relatif car il ne saurait être envisagé à l'échelle du monde. Contrairement à toutes ces
vieilles idéologies qui nous exploitent depuis des siècles, ne faut-il pas mieux aspirer à l'égalité sociale et économique entre tous les êtres humains ?
En réalité et à mon avis, aspirer à une société libertaire seule capable d'assurer la mise en oeuvre des principes de liberté, d'égalité et de fraternité entre tous.


berraud 16/03/2010 19:30


cE N4EST PAS DU TRAVAIL QUE LES GENS RECLAMENT : c'est un salaire, c'est du fric ! pas du travail ! A la fin du XIXème siècle les travailleurs parisiens avaient du travail (inutile) et n'étaient
pas payés ! Nous vivons dans une société basée sur le fric>. T'as pas de fric : tu n'es rien ! Comment avoir du fric pour la majorité d'entre nous ? en bossant ! Pour travailler il faut
s'expatrier......


  • : A Rebrousse-poil
  • A Rebrousse-poil
  • : Analyse de l'actualité politique, philosophique et artistique.
  • Contact