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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 07:46

 

Le journal Courrier International du 9 septembre 2010 publie un article du Washington Post*. On y relève une analyse intéressante sur les conséquences générées par la guerre américaine en Irak.

Cette valse des milliards destinés à une industrie de mort fait froid dans le dos. Qui plus est, elle témoigne de l'absurdité d'un monde et d'un système en proie à ses propres démons.

 

oncle_sam.jpg"En 2008, quand nous avons établi le coût de la guerre à 3000 milliards de dollars, nous imputions au conflit une hausse du prix du pétrole de 5 dollars par baril. Aujourd'hui, il nous semble plus réaliste d'estimer cette aug­mentation à au moins 10 dollars, ce qui accroît notre évaluation initiale des coûts directs d'au moins 250 milliards de dollars. Et l'alourdissement de la facture ne s'arrête pas là, car la hausse des cours du pétrole a eu un effet dévastateur sur l'économie. Il est incontestable que la guerre en Irak a considérablement gonflé la dette américaine. C'est la première fois dans l'histoire du pays que le gouvernement a réduit les impôts alors qu'il partait en guerre. Résultat : un conflit entièrement financé par l'emprunt. La dette américaine est passée de 6400 milliards de dollars en mars 2003 à 10.000 milliards en 2008 (avant la crise financière) : au moins un quart de cet accroissement est directement imputable à la guerre.

La crise financière mondiale est elle aussi due, en partie, à la guerre. Avec la hausse des cours pétroliers, les Etats-Unis ont dû dépenser davantage pour s'approvisionner à l'étranger et c'est autant d'argent qui n'a pas pu être investi dans le pays. De surcroît, les dépenses de guerre étaient moins aptes à stimuler l'économie que d'autres types de dépenses. Le relâchement de la politique monétaire et de la réglementation financière a permis à l'économie de fonctionner jusqu'à l'éclatement de la bulle immobilière qui a provoqué son effondrement. La guerre en Irak n'a pas seulement contribué à la gravité de la crise financière, elle nous a aussi empêchés d'y répondre efficacement. Du fait de son endettement, l'Etat a eu beaucoup moins de marge de manœuvre que s'il n'avait pas été engagé dans un conflit. Résultat : la récession sera plus longue, la production plus faible, le chômage plus important et les déficits plus élevés. Réécrire l'Histoire est un exercice périlleux. Mais il est clair que, sans cette guerre, notre stature internationale ainsi que notre économie seraient plus fortes. Saurons-nous tirer des leçons de cette coûteuse erreur ?"

 

Face à ces anomalies et à cette gabegie nord-américaine, à quoi bon parler de faim et de misère dans le monde ? A quoi bon parler de nos petits problèmes de financement des retraites** alors que les profits coulent à flot et les dépenses des Etats vont bon train pour assurer un pseudo ordre social ?

Les propos qui précèdent démontrent bien que ce monde marche sur la tête. Ce problème se pose et il faudra bien, un jour, répondre à la question : combien de temps cela devra-t-il encore durer ? Nous ne sommes pas sûr qu'un coup de balai soit suffisant si l'on ne prend pas soin à remettre d'équerre ces notions de liberté, d'égalité et de fraternité. Pour l'instant, elles continuent à dériver toujours un peu plus de leur socle initial.

 

* Les auteurs J. Stiglitz et L. Bilmes, universitaires américains, ont co-écrit : Une guerre à 3000 milliards(Ed. Fayard, 2008).

 

** Rapprochons les 228 milliards d'euros, coût total versé en 2007 pour l'ensemble des retraites en France, aux 3000 milliards de dollars qu'a coûté la guerre d'Irak. No comment !

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