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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 11:12

 

Comme aujourd'hui il y a, quelquefois, des jours d'exception !

 

Ce 5 octobre a permis d'enregistrer très officiellement sur les registres d'état-civil, en 1713, la naissance de Diderot et, en 1839, celle d'Eugène Varlin. Certes, la stature du premier écrase en audience la seconde...


5-octobre-Varlin.jpgEugène fut un sans-grade et cela nous plait bien. Modeste relieur, son statut le poussera à devenir un militant ouvrier hors pair.


A vingt-six ans (1865), il participe à la création d'une société mutuelliste de crédit et d'épargne pour les membres de sa corporation. Partisan de l'égalité des sexes, il fait nommer à un poste de responsabilité l'une de ses amies : Nathalie Lemel. Il participe également à la fondation de plusieurs coopératives de consommation surnommées "les marmites de Varlin", sans doute en raison du nom de l'une de celles-ci, le restaurant coopératif La Marmite, fondée en 1867, qui compte quelques 8.000 adhérents. Mais, plus vraisemblablement, cette appellation devrait avoir pour origine, l'action entreprise par Varlin et Nathalie Lemel durant le siège de Paris, en hiver 1870, pour nourrir une population affamée.


Varlin devient l'un des premiers membres de la première Internationale (A.I.T.). Ici même, nous avons déjà fêté la naissance de celle-ci le 28 septembre dernier. Il en est l'un des secrétaires du bureau de Paris et participe à la création d'autres bureaux : à Lyon, au Creusot et à Lille. Il en sera le délégué durant les tumultueux congrès de 1868 et de 1869. Contre l'avis de la majorité des autres délégués, il y défendra le droit au travail des femmes.


A cette époque, le pouvoir voyait d'un sale œil cette association et à l'occasion des multiples répressions, les condamnations pleuvent. Trois mois de prison pour notre homme. En 1870, il s'exile en Belgique afin d'éviter un nouvel emprisonnement. Un an plus tard, après la chute su Second Empire, Varlin revient et reçoit le commandement d'un bataillon de la Garde nationale parisienne. Le 18 mars, tout naturellement il participe aux événements et devient membre de la Commune. Il est arrêté le dernier jour de la sinistre semaine sanglante : le 28 mai 1871. Sauvagement brutalisé par les soldats (surnommés "les lignards") de l'armée versaillaise, il est finalement fusillé par ceux-ci après avoir crié "Vive la République, vive la Commune !"


En ces temps particulièrement inquiétants de forte remise en cause des principaux acquis sociaux, cela fait particulièrement chaud au coeur de parler d'un militant proudhonien de la trempe d'Eugène Varlin. Lui qui pensait avec certitude que : "c'est la fin du vieux monde gouvernemental et clérical, du militarisme, du fonctionnarisme, de l'exploitation, de l'agiotage, des monopoles, des privilèges, auxquels le prolétariat doit son servage, la Patrie, ses malheurs et ses désastres".



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