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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 10:07

 

Un lendemain de Noël, il m'a semblé de circonstance de rappeler la naissance du plus sulfureux - et sans doute le plus maudit - des écrivains américains : Henry Miller.

 

26-decembre-Miller.jpegNé en 1891 à New York, pendant toute sa vie (quatre-vingt neuf ans) il empoisonnera la littérature et, surtout, la très puritaine société nord-américaine. En 1930, il vient vivre en France. Vivre reste une façon de parler : le futur écrivain connaît "la cloche". Il subsiste grâce à des petits boulots et l'aide d'amis dévoués, comme l'avocat américain Richard Osborn. En 1934, Miller publie son premier grand roman Tropique du Cancer. Dans son pays d'origine où la "sainte" morale chloroformait fortement les esprits. cela lui vaut quelques procès retentissants. Motif : obscénité !

 

Ce triste sort ne cesse de s'acharner sur l'homme : son deuxième roman Printemps noir (1936) puis Tropique du Capricorne (1939)  n'ont d'autre diffusion outre-Manche que clandestine. Jusqu'en 1961, il continue de subir procès sur procès. C'est dire combien la société bien-pensante s'acharnait sur l'auteur. Pour cela, elle s'appuyait sur une loi taillée sur mesure réprimant vigoureusement toutes manisfestations pornographiques. Il importe de lire et relire son œuvre, notamment son tryptique majeure : La Crucifixion en rose : Sexus, Nexus, Plexus.

 

Henry Miller préfigure cette révolution sexuelle qui bouleversera les années 1960. Il inspire de très nombreux militants et intellectuels de la Beat Generation dans ce puissant souffle qui va balayer largement cette morale sociétale vermoulue.

 

Comment définir l'auteur sinon par son non-conformisme et par son inclassabilité ? L'autobiographie a beau ponctuer la plupart de ses romans, Miller préfigure l'inconnu : "Je ne suis pas un voyageur, pas un aventurier. C'est en cherchant le moyen d'en sortir que les choses me sont arrivées. Jusqu'à maintenant, j'avais travaillé comme un forcené dans un tunnel sans issue, creusant les entrailles de la terre à la recherche de lumière et d'eau. Je ne pouvais pas croire, moi, homme du continent américain, qu'il existât un lieu sur terre où l'on pût être soi-même. Par la force des choses, je suis devenu un Chinois – Chinois dans mon propre pays ! Je m'adonnai à l'opium du rêve, afin d'affronter la hideur d'une vie qui ne me concernait en rien." (inPrintemps noir)

 

Mieux que tout, ce cours extrait exprime l'objet de son errance dans un monde guère taillé pour lui. Mais, en définitif, l'est-il vraiment pour tout être humain voulant se libérer de ses chaînes ?

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