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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 07:12

 

Il y a quatorze ans, le 23 août 1997, l'Unesco proclame ce jour comme étant la "Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition". Il s'agit d'empêcher l'oubli et de rappeler, selon les termes de Koïchiro Matsuura, alors directeur de cet organisme, qu'elle fut "une tragédie longtemps occultée ou méconnue et de lui restituer la place qui doit être la sienne dans la conscience des hommes".

 

En effet, comment oublier cette redoutable marchandisation des êtres humains qui a permis l'essor industriel des grandes nations européennes et américaines, construit par cette servitude et son corollaire : la source d'énergie puissante qu'elle générait pour leur économie respective.

 

23-aout-esclave.jpgLe revers de ce drame planétaire se traduit, encore aujourd'hui, par une déstructuration complète de l'Afrique au niveau démographique, notamment en Afrique de l'Ouest, dans ces zones subsahéliennes où s'est concentré l'approvisionnement principal d'esclaves. Cela a eu sur le long terme comme conséquence également d'opérer un laminage économique de ce continent, autre fait générateur de son sous-développement.

 

Il y a dix ans, lors de la conférence de Durban (Afrique du Sud) en septembre 2001, les pays colonialistes refusèrent de présenter leurs excuses. Toutefois, les 170 Etats présents sont parvenus à un accord consensuel qui n'admet que des réparations historiques et ...morales, c'est-à-dire rien.

 

Ce devoir de réparation de la mémoire et de prise de conscience historique ne changent rien à l'affaire. Les vrais problèmes subsistent et continuent de régir les relations nord-sud. Comment faire semblant et ne pas s'étonner que ce devoir de mémoire disparaît à chaque arrivage de clandestins sur les cotes de l'Europe ?

 

Nous savons que trop à qui nous devons la puissance de nos pays. Nous sommes effarés du cynisme et de la violence violence générées par notre société auprès de sa jeunesse des banlieues, victime, elle-aussi, de la sociabilité coloniale. Elie Reclus (le frère d'Elisée) écrivait déjà en 1894 : "Il n'est pas encore tout à fait mort, le pauvre Nègre, mais il ne traînera plus longtemps. Il est tombé sous les coups d'une civilisation dont les campagnes, dites pacifiques, sont plus meurtrières que ne fut jamais guerre entre sauvages"*. Ces propos nous font toujours aussi froids dans le dos et nous éloignent de cette société qui dispense d'une charité et d'une bonne conscience très sélective.

 

Alors, sans hypocrisie, ne sommes-nous pas en droit de poser cette question : a-t-on le droit de fêter cette pseudo Journée internationale du souvenir ?

 

* In Le primitif d'Australie.

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